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Auteur : leqv_WP17528

Temples d’Angkor – sur les traces de Madame Jolie et des deux bébés tigres

Temples d’Angkor – sur les traces de Madame Jolie et des deux bébés tigres

Magnificence de tout un pays, le site d’Angkor est aujourd’hui LE symbole de la nation cambodgienne au point de figurer comme emblème sur son drapeau national. Il est sans surprise le lieu le plus visité de tout le Cambodge et fut notamment « victime » d’un énorme boom touristique ces dernières années. Les chiffres sont d’ailleurs assez ahurissants : on parle de 200’000 visiteurs en 2001, devenus 2 millions en 2012 alors que la barre des 3 millions a été franchie dès 2014… Une évolution exponentielle donc, mais celle-ci, bien que bénéfique économiquement pour le pays, possède également son lot de désavantages… dont le plus important est certainement la dégradation des lieux du fait des dizaines de milliers de pieds qui écrasent chaque jour les pierres des temples.

 

Cela dit, visiter Angkor est un must do et il serait extrêmement dommage de passer à côté !

 

Allez, on entre ?
Allez, on entre ?

 

Bref, passons aux choses « sérieuses »… Peu s’en souviennent mais la pulpeuse Lara Croft a fait fantasmer toute la gent masculine en tournant quelques scènes ici même il y a une quinzaine d’années. Le film Tomb Raider a d’ailleurs contribué à l’essor touristique de cet ensemble de temples, mais Angelina Jolie n’est pas la seule à avoir eu le privilège de se pavaner ici sous le feu des caméras. Koumal et Sangha, les deux bébés tigres du magnifique film « Deux Frères », ont également pu profiter de cet environnement pour se prélasser dans les ruines…

 

Tout comme nous, plus de 10 ans plus tard. En revanche, nous n’avons, au contraire des protagonistes ci-dessus, malheureusement pas obtenu l’exclusivité des lieux. Il a donc fallu faire avec les (très nombreux) touristes présents ! Encore une fois et tout comme pour la visite de Siem Reap, la période du nouvel an khmer n’a vraiment pas aidé à ce niveau… Les chiffres officiels parlent d’1 million de visiteurs pour cette seule édition 2015 qui s’est déroulée comme à son habitude sur 3 jours. Heureusement, il existe une technique infaillible pour éviter l’énorme majorité des touristes : se lever tôt.

 

Angkor Wat dans la pénombre du petit matin
Angkor Wat dans la pénombre du petit matin

 

Comment visiter les temples ?

 

Il existe différents moyens de se rendre à Angkor et d’y passer la journée.

 

• Le moyen le plus pratique reste le tuk tuk. Selon vos talents de négociateur, il vous sera possible  d’avoir un chauffeur pour la journée pour un prix variant de 10 à 15$. Le tuktuk possède plusieurs avantages, notamment une certaine liberté de mouvement et le privilège d’être assis à l’ombre pendant le trajet qui sépare deux temples.

 

• La voiture privée avec chauffeur peut également être une option mais elle coûte, d’après ce que j’ai pu voir, environ 30$ pour la journée. Beaucoup plus chère que le tuktuk, pas forcément plus pratique et surtout pas du tout folklorique !

 

• Les tours organisés, qui semblent être privilégiés (comme souvent, me direz-vous) par les innombrables groupes de chinois. La meilleure solution si vous aimez être noyés dans un flot de visiteurs !

 

• Et enfin le vélo, qui coûte bien moins cher (1 à 2$, environ 4$ pour un VTT) et qui permet d’être totalement libre, de sortir des routes principales mais aussi de l’utiliser en dehors de l’enceinte des temples, pour se balader en ville par exemple ! Bon, bien sûr ça implique de se bouger un peu et surtout d’être entièrement exposé au soleil

 

De même, différents pass sont mis à disposition pour convenir à chaque visiteur :

 

• Le pass 1 jour est destiné à ceux qui n’ont pas beaucoup de temps à consacrer aux temples, à ceux qui ne veulent voir que quelque uns de ces monuments ou à ceux qui ne veulent pas dépenser une trop grande somme pour des édifices religieux. Avec ses 20$, c’est effectivement le ticket le moins cher, bien qu’il ne suffise clairement pas à notre avis.

 

• Le pass 3 jours est vendu à 40$ et permet de se rendre sur les lieux d’Angkor durant 3 jours non forcément consécutifs sur une durée d’une semaine. C’est à notre avis la meilleure alternative pour les visiteurs lambda que nous sommes. Un pass 2 jours pourrait d’ailleurs également suffire s’il existait.

 

• Le pass 7 jours est quant à lui destiné à ceux qui portent un réel intérêt à ces temples et qui désirent les explorer bien plus profondément que ce que nous avons fait : analyses des méthodes de construction, admiration des statues, découverte de l’empire Khmer, etc. Les 7 jours peuvent être répartis sur une durée maximale d’un mois.

 

Pour notre part, notre hôtel (les Parigots) proposait un service de location de vélos et nous en avons directement profité pour louer deux bicyclettes pour plusieurs jours. L’achat des différents pass, quant à lui, se fait exclusivement à l’entrée du site d’Angkor et est souvent sujet à de longues files d’attente durant la journée. Pour parer cela, il est possible de se rendre à la billetterie la veille de votre première visite à partir de 17h et ainsi obtenir son pass pour le lendemain. C’est ce que nous avons fait, et, en ce dernier soir de nouvel an, nous en avons profité pour nous rendre une première fois sur le site où les cambodgiens se rassemblaient en masse pour cet « Angkor Sankranta 2015 ».

 

Angkor Sankranta

 

Et quand je dis en masse, c’est à prendre au pied de la lettre ! Des pick-up chargés à ras-bord ou même des minibus pleins à craquer, nous avions l’impression que toutes les familles nombreuses du Cambodge s’étaient données rendez-vous dans ce lieu sacré. Et là, je peux vous dire que nous étions soulagés de ne pas avoir opté pour le tuktuk ! Ceux-ci, presque aussi larges qu’une voiture, étaient complètement bloqués dans le trafic alors que nous, avec nos petites bicyclettes, nous pouvions nous faufiler dans les espaces encore mieux que les scooters (eux aussi souvent chargés de 3,4 ou 5 personnes bien sûr) !

 

Monde Angkor
On n’était pas tout seuls…

Juste pour la petite anecdote, notons que cette année, lors du nouvel an à Angkor, deux records du monde ont été battu et feront leur entrée dans le Guiness Book. Il s’agit d’une part du plus grand gâteau à base de riz gluant, un « Nom Ansorm » qui pesait la modique somme de 4 tonne et d’autre part d’un rassemblement de 2’015 personnes pour danser… un Madison. Et oui, malgré de nombreux jeux et danses traditionnelles, il faut croire qu’au Cambodge aussi on aime déambuler sur ce genre de musique !

 

Mais de notre côté, puisque nous ne connaissions encore strictement rien de la structure du site et que nous devions encore rentrer en vélo de nuit, nous ne nous sommes pas aventurés trop loin pour cette première fois. Mais tout de même suffisamment pour s’immerger dans la fête et découvrir que c’est ici, loin du centre, de Pub Street et ses touristes occidentaux, que les locaux se réunissent en famille dans une ambiance des plus joyeuses ! Des danses traditionnelles de groupe, de grandes scènes où se succédaient les artistes, des roulottes de nourriture ou stands de décorations & habits… le tout dans une foule de sourires accompagnés d’une ambiance des plus chaleureuses. Un grand moment !

 

NouvelAnAngkor

 

Warning : 

 

Maintenant, expliquons rapidement notre bêtise concernant nos jours de visite… Puisque nous avions acheté nos pass de 3 jours le jeudi 16 avril au soir, nous pensions que nous devions obligatoirement visiter les temples une première fois durant la journée de vendredi 17. En fait, cette condition n’est valable que pour le pass 1 jour. Pour le nôtre, la seule contrainte était de choisir 3 jours entre le 17 et le 23 avril. Si je vous dis ça, c’est parce que Clémentine est tombée malade le 17 et elle n’était vraiment pas en état de passer une journée sur le vélo sous un soleil de plomb. En croyant que nous perdrions automatiquement une journée sur les 3 dont nous disposions, je me suis donc rendu seul sur le site durant l’après-midi histoire de ne pas « payer une journée pour rien ». Mais voilà, ce n’est qu’après avoir vu le « surveillant » poinçonner le chiffre 17 sur mon pass que j’ai compris que ce sera finalement Clémentine qui perdra un jour de visite

 

Géographie du site

 

Le site d’Angkor se trouve donc au Nord de Siem Reap, à une trentaine de minutes en vélo (8km environ). On y accède par une seule et unique route, Charles de Gaulle (oui oui…), qui relie d’une traite le centre-ville aux temples. Il existe principalement deux itinéraires pour visiter les lieux, appelés communément le « petit tour » et le « grand tour » et d’une longueur respective de 15 et 26km. Certains temples, dont le plus important Angkor Wat et la cité d’Angkor Thom, sont sur l’itinéraire des deux tracés et peuvent donc se visiter quel que soit la route choisie.

 

image : https://www.treetopasia.com/
image : https://www.treetopasia.com/

 

Puisque c’est tout plat (il me semble qu’il n’y a qu’une seule montée, d’une longueur maximale de 100m et d’une inclinaison proche des 1%), on pourrait être tenté de penser que ça se fait assez facilement même à vélo mais détrompez-vous : la chaleur accablante et l’effort fourni pour visiter certains temples rendent la tâche bien plus ardue qu’elle n’y parait !

 

En me renseignant un peu sur Internet, j’ai pu lire qu’il était préférable de commencer sa visite tôt le matin pour avoir une longueur d’avance sur la masse de gens que déversent les nombreux cars touristiques aux alentours de 9h. Pourtant, je ne suis arrivé que vers 14h30 le premier jour (bah ouais, avant ça on attendait de voir si l’état de Clémentine s’améliorerait pour qu’elle puisse m’accompagner !) et je peux vous dire une chose : c’est trop tard. D’une parce qu’en arrivant si tard, et en sachant que le site clôture ses portes à 18h, on n’a pas suffisamment de temps pour voir plusieurs temples et donc rentabiliser sa journée. Mais c’est surtout la masse de gens qui est effroyable à cette heure-ci ! Sans me retrouver dans des bouchons aussi horribles que la veille lors du nouvel an, il m’était quand même impossible de rouler à mon rythme, même en vélo, dès que j’approchais d’Angkor Wat. Finalement je n’aurai pas fait grand-chose ce jour-là, ne voulant pas trop visiter les sites importants sans Clémentine. Je me suis donc contenté de quelque petits temples mineurs, qui ont l’avantage d’être très peu visités au point que je me retrouve souvent seul dans ceux-ci.

 

Nombreux sont les petits temples déserts tels que celui-ci
Nombreux sont les petits temples déserts tels que celui-ci

 

Sans m’en rendre compte, j’ai plus ou moins suivi le tracé du « petit tour » (celui en rouge sur le plan) et tout s’est très bien passé… jusqu’à ce que je décide de faire entièrement confiance à mon application Google Maps. Honnêtement, celle-ci est géniale… Jamais elle ne nous aura fait défaut au Viêt Nam mais là, à Angkor, j’ai appris à mes dépends qu’elle avait aussi ses limites (ce qui s’est d’ailleurs vérifié plusieurs fois durant la suite de notre voyage).

 

GMaps

 

Dans les faits, le soleil commençait à descendre et je me suis dit que je pourrai faire de jolis clichés avec Angkor Wat en arrière-plan (donc me rendre sur la rive est de celui-ci !) si je me dépêchais un tout petit peu… Arrivé à un point, ma génialissime application m’indique un raccourci qui permet d’éviter de faire un grand détour par la route principale. Ni une, ni deux, je m’enfonce dans ce petit chemin de terre… qui se transforme rapidement en étroit chemin d’herbe aplatie avant de… n’être plus qu’un vaste champs entouré d’épais buissons et cours d’eau. Bon, ne paniquons pas : si mon application me dit qu’il y a une route, c’est qu’il y en a une. Haha la vaste blague ! Rien… Rien ! RIEN !!! J’ai tournoyé dans cet immense champs, avec ma bicyclette franchement pas TT (comme « terrible » ou « tout-terrain »), dans un impitoyable contre la montre m’opposant au soleil couchant. Et pour couronner le tout, j’ai déraillé. Deux fois. Et là je peux vous dire que j’ai paniqué. Si je me retrouvais dans cet infini verdoyant après le coucher du soleil, c’en était fini de moi !

 

J'étais en train de filmer au moment de dérailler...
J’étais en train de filmer au moment de dérailler…

 

Enfin bref, inutile de maintenir cet incroyable suspens : j’en suis sorti vivant ! Alors que je traversais un énième petit passage à travers un buisson, j’ai enfin aperçu une route au loin. Quel soulagement ! Après un dernier champs à traverser et une mini-crevasse à franchir, me revoilà sur le bitume et, par chance, le soleil était encore visible dans le ciel. Mon contre la montre pouvait ainsi reprendre de plus belle. Pédalant comme un fou sur ce vélo à une unique vitesse dans l’espoir d’atteindre la rive à temps, je n’ai même pas vu ce rikiki trou sur la route. Et là, ce fut le drame. Un troisième déraillement, à moins de 2km de mon objectif. Sauf que cette fois-ci, cette malheureuse chaîne n’a pas voulu mettre moins de deux minutes pour se remettre en place. Aurais-je dû laisser mon vélo au bord de la route et courir vers l’orée de la forêt pour arriver à temps ? Non, je ne pouvais décidément pas abandonner mon seul compagnon du jour comme ceci, si proche du but, après toutes les aventures que nous avions traversées… Mon honneur causera ma perte et je n’aurai finalement pas réussi à capturer ce maudit cercle jaune-orange dans mon boîtier (mais de toute façon, j’ai l’impression qu’on ne peut pas voir le temple Angkor Wat depuis la rive Est – à confirmer – donc je ne sais pas si c’est possible de le photographier avec le soleil couchant en arrière-plan !).

 

Voilà tout ce que j'ai obtenu...
Voilà tout ce que j’ai obtenu…

 

Et pour le lever, on se met où ?!

 

Vous comprendrez aisément pourquoi j’ai changé de vélo pour notre prochain jour de visite. Fidèle compagnon ou pas, j’en avais trop perdu à cause de lui (et Clémentine ne pouvait pas supporter que j’aie vécu tant d’aventures avec « quelqu’un » d’autre…). De plus, j’avais une revanche à prendre sur le roi Soleil, à la différence que cette fois j’allais l’attaquer sur un terrain qui m’était bien plus favorable (ou pas…) : l’heure du lever ! Car oui, qui dit lever de soleil dit bondir du lit de bonne heure. Avec la demi-heure nous séparant des temples et le soleil montrant le bout de son nez vers 6h, l’heure du départ fut fixée à 5h20.

 

Je ne sais pas si c’est le plus beau lever de soleil du monde comme on peut parfois l’entendre mais en tout cas, c’est très joli ! Nous nous sommes postés sur la rive gauche (à l’opposé de là où je voulais me mettre pour le coucher de la veille), au bord du bassin à l’extérieur des murailles du temple (croix rouge sur le schéma ci-dessous). Ce n’est pas le spot le plus prisé des touristes mais il permet tout de même d’avoir un aperçu du temple en arrière-plan et surtout d’admirer les reflets sur le grand bassin d’eau juste devant soi.

 

LeverSoleilAngkorWat

 

Pour notre dernier jour à Angkor, nous avions convenu que Clémentine, qui n’avait pas la force de se lever une nouvelle fois à 5h du matin (bouuuuh !!!), me rejoigne devant Angkor Wat à 6h30, après le lever du soleil. Cette fois, je me suis posé vers le spot le plus prisé pour la vue, à droite directement après avoir franchi les portes du temple (croix verte sur le schéma). Les groupes de chinois étaient déjà présents par dizaines lors de mon arrivée à 5h50 et j’ai eu de la chance de trouver encore un bon spot ! Le point de vue est magnifique, on voit la silhouette du temple en grand et le soleil se lever directement au-dessus – sublime !

 

LeverSoleilAngkor

 

Les temples de la grande boucle

 

Comme je vous le disais plus haut, nous avons pratiquement perdu un jour de visite sur les trois que permettait notre pass. Il nous restait donc deux jours (voyez quel fin mathématicien je suis !) et franchement, je pense que c’est suffisant. Sitôt Clémentine remise sur pieds, nous avons décidé de consacrer notre premier jour de visite au grand tour. Notre stratégie était de sauter volontairement Angkor Wat, le premier, le plus connu et le plus grand des temples, car c’est là que se pressent l’énorme majorité des touristes déjà présents à 6h30. Stratégie payante qui nous permettra de rentrer dans la cité d’Angkor Thom, au Nord, sans trop de monde à nos côtés. Dans cette cité se trouve notamment le temple du Bayon, le deuxième plus grand, dans lequel on peut marcher à peu près n’importe où sans restrictions. Avec ses multiples visages de buddha sculptées dans ses roches, c’est un temple impressionnant qui en fait sans aucun doute un must see au moins aussi intéressant à visiter qu’Angkor Wat (au risque de me faire taper sur les doigts par certains qui contesteraient cette affirmation :P). Nous prolongeons notre exploration par la visite des différentes « terrasses », au Nord-ouest du Bayon, et les différents temples qui se trouvent au-delà. Parmi ceux-ci, nous avons vraiment apprécié la montée du Baphuon ainsi que la visite de Preah Palilay, ce minuscule « temple » où l’on voit surtout la végétation prendre le dessus sur les anciennes constructions de pierre. En revanche, nous n’avons pas trop apprécié Phimeanakas qui, en plus d’être difficile à écrire, n’a rien de spécial à nos yeux (enfin il doit sûrement être très beau à voir durant la saison des pluies, lorsqu’il est bordé d’un bassin d’eau asséché durant la saison sèche).

 

De gauche à droite : Phimeanakas, Preah Palilay et le Bayon
De gauche à droite : Phimeanakas, Preah Palilay et le Bayon

 

Plus au Nord, après la sortie de la cité Angkor Thom, Preah Khan est un grand temple mais son exploration est assez répétitive : en gros, c’est tout droit et ce sont toujours des « salles » identiques qui se suivent d’un bout à l’autre du temple. Du coup, on en fait vite le tour. Neak Pean est atteignable au bout d’une longue passerelle qui traverse généralement une énorme étendue d’eau qui est, là encore, asséchée durant la saison sèche. Le temple en soi n’a rien d’impressionnant (du moins en dehors de la saison des pluies) mais les paysages que l’on traverse pour s’y rendre sont assez uniques. A côté de ceux-là, il y a d’autres temples, plus petits, qui valent certainement la peine d’être vus si vous en avez la force ; car mine de rien, visiter ces temples à la chaîne, ça épuise !

 

Autour de Neak Pean ; perso j'aurais peur de rencontrer un croco...
Autour de Neak Pean ; perso j’aurais peur de rencontrer un croco…

 

Le petit tour

 

Notre troisième et dernier jour à Angkor débuta par un nouveau lever de soleil. Clémentine, en vue de décrocher l’oscar de la plus flemmarde des marmottes, décida de me rejoindre un peu plus tard. Malheureusement, elle fut à nouveau clouée au lit ce jour-là, ratant ainsi un autre jour de visite. Elle maudit encore aujourd’hui son système immunitaire car, contrairement au premier jour où elle n’est pas passée à côté de grand chose, nous avions cette fois prévu de voir plusieurs temples importants, dont LE temple principal du site.

 

C’est donc à nouveau en solitaire que je me suis attaqué à ces temples.

 

A nous deux Angkor Wat !
A nous deux Angkor Wat !

 

Angkor Wat, ma première destination du jour, n’est pas un temple comme les autres. Symbole de la nation, ce n’est autre que le plus grand édifice religieux au monde et sans surprises l’attraction touristique principale du pays. Initialement construit pour l’empire Khmer au XIIème siècle, dont il deviendra la capitale (car oui, c’était une cité !), c’est le seul temple du site à avoir encore aujourd’hui une haute signification religieuse. En raison de tous ces facteurs, c’est aussi le temple le plus difficile à visiter car constamment bondé de monde.

 

Idéalement, ce serait un temple à visiter avant ou pendant l’heure du lever de soleil car c’est probablement le seul moment où l’on peut éviter l’afflux massifs de touristes. Lorsque j’y suis rentré à 6h30, après le lever, je n’étais déjà de loin pluss le seul dans l’enceinte et ai même dû faire la queue pendant dix minutes pour accéder au sommet (oui je sais, pauvre moi :(!)… En soit et au risque de m’attirer les foudres de guerre de certains, je dirais que ce n’est pas le temple le plus passionnant à visiter. Alors certes il y a de magnifiques bas-reliefs, l’architecture et la taille sont plus qu’impressionnantes et la vue depuis le sommet est assez sympathique, mais j’ai pris plus de plaisir à gravir ou me pavaner dans d’autres temples du site. Cela dit, pour un connaisseur ou un passionné, je comprends tout-à-fait ce qu’il représente !

 

C'est quand même pas mal...
C’est quand même pas mal…

 

Angkor Wat laissé derrière moi alors que de plus en plus de cars touristiques déversaient leurs passagers devant son entrée, j’étais bien content de filer à pleine vitesse vers le Nord, avec un autre temple des plus importants dans mon viseur : Tha Prohm. Mais avant cela, je suis passé un peu par hasard par le côté Est du Bayon et j’ai eu le bonheur de tomber sur des éléphants ! Enfin, « bonheur » reste quand même un bien grand mot, car ces pauvres bêtes sont ici utilisées comme des attractions touristiques et ne servent qu’à ça… Attendre, promener un groupe de touristes qui veut bien payer la somme requise, puis attendre à nouveau ; voilà le quotidien bien pénible de ces animaux.

 

Ils sont trop choux !
Ils sont trop choux !

 

Mais revenons-en à Tha Prohm ! Bien moins grand qu’Angkor Wat ou d’autres temples de la cité d’Angkor Thom, et encore moins impressionnant de par son architecture, ce temple n’en reste pas moins un incontournable pour une raison bien particulière : la place prise par la végétation. Puisque les cambodgiens ont volontairement laissé cette dernière pousser comme  bon lui semblait, elle ne s’est pas gênée pour prendre possession des lieux dans leur intégralité et le résultat est assez époustouflant. Les arbres poussent au-dessus des pierres, leurs racines courent le long des murs et les branches se fraient un chemin dans la moindre brèche… Le tout donne un résultat des plus magiques tout en restant assez effrayant.

 

Petit aperçu des malheurs ou merveilles causés par la végétation
Petit aperçu des malheurs ou merveilles causés par la végétation

 

Au final, Tha Prohm ne fut autre que mon temple préféré ! Seule condition, ne pas le visiter en fin de journée (le matin, de préférence) et ce pour deux raisons : tout d’abord pour éviter la horde de gens qui s’y pressent plus tard, et ensuite car la lumière qui y entre avec le soleil matinal ajoute encore au féerique du lieu

 

Juste après Tha Prohm, je suis revenu un peu en arrière pour visiter un autre temple qui m’avait interpellé sur le chemin. Ta Keo de son nom, c’est un temple qui demande d’escalader ses marches raides et glissantes. Il y a plusieurs temples à Angkor qui ont cette caractéristique de ne pas avoir de barrières de sécurité ou qui n’a pas un plancher aménagé pour les visiteurs, et à chaque fois ces temples ont un énorme avantage : peu de monde s’y risque. Sur Ta Keo, j’étais même seul au monde !

 

Ta Keo en rénovation
Ta Keo en rénovation

 

La suite du « petit tour » rejoint le tracé de son homologue le grand tour, avec à nouveau une série de temples intéressants mais pleins de monde lors de mon passage… Concernant la fin de ma visite des temples, j’aurai surtout été marqué par ma rencontre avec Rath, un cambodgien de 23 ans qui travaille à la fois dans l’enceinte des temples où il tient un stand de nourriture et boissons avec ses amis, et au guichet de vente des pass pour Angkor. Travaillant 7 jours sur 7 en cumulant ces deux jobs, son rêve est de visiter New York un jour, où sa soeur aînée s’est expatriée il y a plusieurs années. Déjà père de 3 enfants (et avec sa femme de 19 ans !), il méritera sans doute que j’écrive une note sur lui dans notre rubrique « compagnons de voyage ! ».

 

Rath, au centre, et ses amis du stand
Rath, au centre, et ses amis du stand

 

Cela dit, Rath ne sera pas ma seule rencontre du jour ! Un peu plus tard, alors que je m’amusais à prendre en photo une libellule rouge (je sais je suis bizarre…), deux petites filles équipées de paniers se dirigent vers moi et cherchent à me vendre quelque chose. Après avoir parlé avec elles quelques instants (notons qu’elles parlaient parfaitement anglais, en tout cas bien mieux que moi !), j’ai été touché par leur histoire – véridique ou pas – quand elles m’ont raconté être obligées de harceler les touristes pour aider leur famille à survenir à leurs besoins. Je leur ai finalement donné un peu d’argent, et j’ai même eu le droit de prendre une photo souvenir avec elles 🙂

 

enfant

 

Et c’est sur cette nouvelle rencontre que s’est achevé notre séjour à Angkor. S’en suivra un départ chaotique pour la Thaïlande, avec premièrement une Clémentine remise sur pieds et surtout tout plein de chouettes souvenirs de cet endroit magique. Les temples, et tout ce qu’ils dégagent, nous aurons marqué à vie et notre séjour ici fut clairement l’un des points forts de ce début de voyage… Même si Clémentine aurait bien aimé en voir un peu plus !

Siem Reap

Siem Reap

Hanoi bof bof, Ho Chi Minh pas mal mais pas trop eu le temps de visiter, les deux principales villes du Viêt Nam ne resteront définitivement pas comme les moments les plus mémorables de notre voyage. En revanche, nous avons bien aimé Phnom Penh… et voilà que Siem Reap s’est révélée encore au-dessus ! Au Cambodge, nous n’aurons quasiment rien vu d’autre que ses deux plus grandes villes mais celles-ci se sont au moins largement révélées à la hauteur.

 

Rejoindre Siem Reap depuis Phnom Penh

 

Bus. Désolé de ne pas être original, mais comme toujours depuis le début de notre voyage, voici comment nous nous sommes déplacés (et c’est pas fini !). Après avoir dû payer un petit supplément (période de nouvel an oblige…), nous voilà à nouveau sur les routes pour la journée. Toute la journée. Départ à 9h, le bus est censé mettre entre 6 et 7h pour rallier Siem Reap. Dave, le gérant de l’hôtel à Siem Reap que nous avions cette fois réservé à l’avance (obligatoire en période de nouvel an !!) nous a gentiment informé qu’un Tuktuk nous attendrait à l’arrêt du bus pour nous déposer gratuitement à l’hôtel. Nous devions arriver entre 15 et 16h ; prévoyant et sachant qu’il y avait très peu de chances que nous arrivions à l’heure, je lui ai demandé que le chauffeur de tuktuk soit là à partir de 16h30. Précaution inutile, puisque le pauvre chauffeur devra quand même patienter durant 2h à la station de bus…

 

Non non non, pas de bouchons en cause cette fois-ci. Pas de départ en retard non plus. Simplement un gros « PAN » qui fit sursauter tout le monde dans le bus à une cinquantaine de km de Siem Reap. L’un des pneus arrière a explosé. Ce fut une sympathique expérience que de voir comment notre chauffeur s’est débrouillé pour trouver une roue de secours (évidemment il n’y en avait pas dans le bus) puis de le voir lui et son acolyte tenter de changer cette roue avec les pauvres moyens du bord. Je ne saurai exactement dire si leur manière de faire relevait d’un amateurisme profond ou d’un savoir-faire des plus artistiques mais une chose est certaine, il n’y avait là rien de conventionnel !

 

roue

 

Où dormir à Siem Reap ?

 

Lorsqu’il s’agit de choisir son logement ici, deux choix principaux s’offrent aux visiteurs : la rue touristique, si bien nommée « Pub Street », ou la proximité des temples d’Angkor. Évidemment, ce sont les deux options les plus chères donc à éviter pour les petits budgets.

 

Dans le dernier article je vous disais que nous avions eu toutes les peines du monde à trouver un ticket de bus car ceux-ci étaient tous pleins à cause du nouvel an, mais je ne vous ai pas parlé de l’hôtel. C’est simple, là encore nous n’en avons trouvé qu’un seul qui proposait un prix raisonnable pour un minimum de confort : le « Angkor Tropical Resort » pour une nuit à 15$. C’est un hôtel localisé un peu en dehors de la ville (c’est d’ailleurs là son gros point faible car il n’y a aucun moyen d’aller en ville excepté le tuktuk et à coup de 3$ par trajet ça devient vite cher !). En revanche, cet emplacement a l’avantage d’être au milieu d’habitations locales et permet d’avoir un bon aperçu du train de vie d’une famille cambodgienne. Il est aussi situé à moins de cinq minutes à pied d’un marché local (Phsa Leu) dont l’authenticité est intacte : pas un seul touriste à l’horizon, des prix dérisoires, des bêtes mortes exposées sans tabou, d’autres encore vivantes, des ruelles étroites mais qui n’empêchent pas piétons et scooters de cohabiter… Bref, tout ce qui fait le charme d’un marché asiatique ! Sinon l’hôtel est très bien, pas bien grand et situé dans un petit jardin tropical avec des chambres spacieuses qui mettent même une petite cuisine avec kitchenette à disposition. Nous y aurons séjourné durant 3 nuits, avant de nous diriger vers un autre établissement plus proche du centre.

 

Ce deuxième hôtel est tenu par un cambodgien qui a passé près de 30 ans en France et qui parle donc couramment le français. En hommage à ses années dans l’Hexagone, il a très sobrement nommé son établissement « Les Parigots ». A une dizaine de minutes à pied du centre-ville, l’emplacement de cet hôtel n’est certes pas parfait mais déjà bien meilleur que le précédent ! En période de fêtes et à ce prix-là, 15$ encore une fois, nous ne pouvions rêver mieux. De plus, la possibilité de louer des vélos à 1$ la journée au sein même de l’hôtel simplifie grandement les déplacements, tant dans la ville qu’en dehors.

 

Où manger à Siem Reap ?

 

Ou plûtot « où ne pas manger ? ». Évitez absolument Pub Street. Naturellement, les prix sont déjà gonflés à bloc par l’emplacement de ces restos, mais en plus la nourriture y est souvent moins bonne. Nous avons testé une fois juste pour l’ambiance de la rue (qui est quand même assez extraordinaire – j’y reviendrai plus bas) et effectivement, ce fut notre repas le plus décevant en plus d’être le deuxième plus cher de tout notre voyage. On mange déjà bien mieux et moins cher dans les restaurants qui sont situés dans les rues parallèles ou perpendiculaires, surtout le long de la route. Ils se succèdent presque l’un après l’autre et on n’a que l’embarras du choix ! Western Food ou un petit Amok dans un restaurant de rue local, on trouve de tout sur cette route.

 

Que peut-on y faire ?

 

Siem Reap est mondialement connue pour la beauté des temples d’Angkor qui se trouvent à quelques km de la ville. C’est bien évidemment LE truc à ne pas manquer dans cette ville, mais celle-ci offre aussi plein d’autres opportunités : tours à vélo en dehors de la ville, visite du lac Tonlé Sap et de ses villages flottants, musées, marchés… Sans compter que nous y étions pendant le nouvel an Khmer, donc fête à n’en pas finir !

 

Nous pensions initialement rester environ 5 jours dans cette ville, pour faire un peu toutes les activités énumérées ci-dessus en plus des 3 jours à Angkor. Finalement, nous y sommes restés 7 jours. Et nous n’avons presque rien fait de tout cela. Clémentine étant tombée malade par deux fois, nous nous sommes contentés de voir la ville et les temples. Un peu dommage pour le lac et ses villages qui sont sûrement des must see, mais rien d’insurmontable à part ça !

 

L’incontournable Pub Street

 

Lorsque nous nous sommes rendus au centre-ville pour la première fois, nous avons tout d’abord trouvé très sympa tout ce monde qui se pavanait dans les rues en début de soirée. Puis on a vu un grand écriteau lumineux qui indiquait la direction de la fameuse « Pub Street » et nous nous y sommes dirigés… Nous avons découvert une rue lumineuse où les restaurants et bars se succèdent dans un décor somme toute très sympa. Sauf qu’il y avait du monde. BEAUCOUP de monde. Jamais je n’ai vu ça. La rue n’est pas bien longue, et au carrefour opposé était montée une scène sur laquelle la Nicki Minaj locale et son groupe de danseuses se produisaient. Devant la scène, la foule. Jusqu’à l’autre côté de la rue, où nous nous trouvions. C’était littéralement impossible d’accéder aux restaurants de la rue tellement il y avait de monde en ce premier soir de nouvel an !

 

Pub street

 

On y aura fait 5 minutes avant d’aller voir ailleurs. C’était juste « too much ». L’ambiance était chouette, mais nous étions morts de faim et là, pas possible de manger. En revanche, nous aurons pu vérifier quelques jours plus tard que cette rue reste très agréable en dehors des jours de fête, bien que toujours très largement fréquentée par les touristes tout au long de l’année.

 

Le marché de Phsa Leu et les contours de la ville

 

Dans le centre-ville de Siem Reap, nous avons eu à faire à la plus grande concentration de touristes depuis le début de notre voyage. Mais dès qu’on sort un peu des quartiers qui entourent Pub Street, on se retrouve rapidement immergé dans la vie quotidienne des locaux. Ainsi, notre premier hôtel était situé au milieu d’un quartier d’habitations et l’on pouvait vraiment se rendre compte du train de vie des locaux à peine sortis de l’hôtel. Au bord de la grande route, les petites gargotes se suivent et les cambodgiens semblent se réunir ici en masse autour d’un bon poulet grillé, pour jouer ou simplement parler.

 

Joueurs cartes marché

 

Lorsque Clémentine s’est sentie affaiblie pour la première fois, je l’ai lâchement abandonnée durant quelques heures pour faire un petit tour de ce quartier et me promener dans le marché qui s’y trouvait. C’est durant cette petite escapade en solitaire que j’ai pu jouer ou essayer de communiquer avec plusieurs groupes d’enfants, un grand moment pour moi ! Le marché de Phsa Leu n’a rien du piège à touriste et il n’y aucune chance pour trouver ici des iPhone 6 (qu’ils soient fake ou pas) ou des « selfie-sticks » à prix cassés. Du poulet, du cochon, du poisson… exposés à la fois vivants et morts. Rajoutons encore des légumes et quelques stands d’habits. Du coup, je n’ai rien acheté, mais j’ai adoré me promener dans cette petite rue étroite et simplement contempler cette scène du marché asiatique typique.

 

Marché Psah lah

 

Visiter les temples d’Angkor

 

Ah ben oui, obligé ! Tout comme personne ne va à Paris pour la première fois sans voir la tour Eiffel ou à Denens (là où j’habite) sans voir les épouvantails (…), les temples d’Angkor sont LE must-see ultime de Siem Reap et même de tout le Cambodge. Mais puisque c’est extrêmement grand et que nous y avons consacré 3 jours, le récit de notre visite là-bas sera rédigé dans un prochain article 🙂

 

Voilà en gros ce que nous avons vu de Siem Reap. Comme je le disais auparavant, il existe bien d’autres activités à faire ici mais voilà, faute de circonstances à notre avantage ce sera sans nous pour cette fois. Tant pis, on a quand même bien profité de notre petit séjour 🙂

 

Prix et infos pratiques

 

Hôtels

Angkor Tropical Resort : 15$

Les Parigots : 15$

 

Transports

Bus de Phnom Penh à Siem Reap pour 2 : 24$

 

 

 

Phnom Penh et notre arrivée au Cambodge

Phnom Penh et notre arrivée au Cambodge

Avant-propos : Prix et infos pratiques

 

Hôtels

Angel Guesthouse : 12$ la nuit mais négociée à 10$

 

Transports

Bus de Ho Chi Minh à Phnom Penh pour 2 : 420’000 dongs / environ 18 euros

Tuk tuk pour la journée : 20$

 

Activités

Palais royal : 6,50$ l’entrée

Prison Tuol Seng : 3$ l’entrée

Killing Fields : 6$ l’entrée

 

Divers

Visa : 35$

 

Info importante : La monnaie courante au Cambodge est le dollar américain !

 

Deux semaines et demies au Viêt Nam et nous voilà déjà en partance pour la destination suivante : le Cambodge. C’est un pays dont nous n’avions que très peu entendu parler avant de prévoir ce voyage, si bien que nous pensions trouver une civilisation encore très peu développée (ahh les préjugés…). A dire vrai, nous ignorions même que Phnom Penh en était la capitale. Nous n’aurions pas non plus osé affirmer avec certitude que c’est ce pays qui abrite les magnifiques temples d’Angkor. De plus, bien que nous ayons déjà entendu parler des Khmers rouges, aucune chance pour que nous sachions qui ils étaient vraiment et ce qu’ils ont fait.

 

Le fait est que le Cambodge est un pays dont nous n’entendons pas beaucoup parler en Europe, les touristes préférant bien souvent les plages thaïlandaises ou les sites touristiques vietnamiens. Pourtant, nous savons désormais que le Cambodge n’a pas grand-chose à envier à ses deux voisins…

 

De même, le passé récent de ce pays est une thématique qui n’est pas du tout abordée à l’école en Suisse (ou alors aurions-nous séché ces cours ?!). Avant de nous renseigner un peu sur le pays, nous étions à mille lieues d’imaginer que les cambodgiens ont été témoins de l’un des plus affreux génocides de l’histoire, et ce il y a tout juste quelques décennies.

 

Bref, nous aurons donc découvert et appris des tonnes de choses, pas toujours joyeuses mais tellement enrichissantes, durant notre passage définitivement trop court au Cambodge ! C’est parti pour voir en détail la première partie de notre séjour 🙂

 

Départ du Viêt Nam, passage de frontière et arrivée à Phnom Penh

 

Le bus nous a semblé être le meilleur moyen pour rejoindre Phnom Penh depuis Ho Chi Minh Ville. Peu cher et trajet presque deux fois moins long que nos précédents trajets en bus, il y a en revanche la contrainte de ne pas avoir de bus de nuit, et donc de perdre pratiquement une journée sur la route.

 

Dans le bus, nous faisons la connaissance de Van, un artiste vietnamien, puis de sa copine Nguyen. Ce peintre de 21 ans, originaire de Ho Chi Minh Ville et qui vit de la revente de ses toiles et caricatures, s’offrait alors un petit weekend en amoureux à Phnom Penh tout comme nous, suisses, pourrions le faire avec Paris. Bref, Van m’aura surtout marqué par la réaction qu’il a eue en entendant ma réponse à l’une de ses questions : quel est notre budget quotidien ? Depuis le début de notre voyage asiatique, nous avions comme objectif de vivre avec des dépenses journalières de 40$ (à deux !) et c’est donc la réponse que je lui donne. Je m’attendais à ce qu’il soit surpris que deux européens dépensent si peu, et effectivement la surprise le gagna… mais dans l’autre sens ! Il avait l’air outré et tentait de nous expliquer qu’avec cette somme, nous pourrions vivre pendant 3 ou 4 jours ! Alors OK, je veux bien admettre que nous ne dormons pas dans les guesthouses les moins chères ou que nous ne mangeons pas tous les jours dans la rue mais quand même, moins de 13$ par jour à deux faut être sacrément fort (ou pas glouton… bref, pas nous) pour y arriver !

 

Durant ce trajet, nous aurons également l’occasion de vivre notre premier passage de frontière terrestre en Asie… et par la même occasion de comprendre en quoi les « frontières ouvertes » de l’espace Schengen sont vachement géniales ! Allez, commençons par les visas. 30$ par visa pour une durée de 30 jours, ce n’est pas excessif mais pour un budget journalier de 20$ ça fait tout de même un joli trou dans les dépenses… Ces petits tampons causeront ainsi notre première journée à plus de 100$ et psychologiquement c’était terrible ! Bon, faut aussi dire qu’on a un peu choisi la facilité sur ce coup-là, cédant au service que propose le chauffeur de bus en ce qui concerne le passage de la frontière – à savoir payer 5$ de plus par visa pour qu’il s’occupe de toutes les démarches administratives. Sans ça, nous n’aurions dépensé que 95$ sur la journée… Ô regrets !

 

Mais bon, au moins comme ça nous n’avons pas dû batailler fermement à la frontière pour obtenir nos visas, et à la place nous avons pu…. Nous ennuyer. Oui, car il n’y a strictement rien à faire à la frontière en fait. Il y a juste un bâtiment vide mis à part quelques chaises, deux petits guichets et un ou deux garde-frontières qui contrôlent les visas. Nous avions lu ci et là que le temps d’attente pouvait varier entre trente minutes et deux heures ; fort heureusement pour nous, ce ne sera qu’une petite demi-heure cette fois-ci ! Après ce petit laps de temps, le chauffeur revient et fait l’appel des passagers qui lui ont confié la tâche du visa. Il s’aide des passeports pour énoncer les noms des passagers et il faut donc être bien attentif sous peine de ne pas comprendre lorsqu’il vous appelle… J’ai par exemple eu un petit doute en entendant « Seitchei Kevin » mais non, c’était bien moi, Sacha Kevin Lienhard, qui devait me présenter. Notez qu’il n’aura pas eu le courage de prononcer mon nom de famille alors qu’il avait essayé avec Clémentine. (en même temps, même en français c’est pas facile je vous l’accorde… Lienard ? Linarte ?)

 

Bref, notre premier passage de frontière se sera finalement déroulé sans aucun accroc (contrairement aux suivants…) alors que nous avions pu lire à plusieurs endroits que c’était souvent une plaie de rentrer au Cambodge. On a eu de la chance ! 😀

 

Le temps de trajet entre Ho Chi Minh Ville et Phnom Penh est estimé entre 6 et 7 heures d’après les agences qui vendent les tickets. Alors forcément, on a bien retenu depuis le début de notre voyage que compter sur la ponctualité des bus est souvent une erreur (même si nous trouvons que le Viêt Nam fait plutôt figure de bon élève à ce niveau !), mais nous étions loin de nous attendre à ÇA. Notre bus était supposé arriver à Phnom Penh vers 15h30, et malgré un départ plus tardif que prévu, ça ne semblait pas trop mal se dérouler… jusqu’à ce qu’on approche de Phnom Penh ! Honnêtement, je n’ai jamais vu une telle circulation. Nous n’avancions simplement plus, progressant trèèès lentement, mètre après mètre, dans cet enfer de circulation cambodgienne. En fait, ce qui m’a le plus étonné c’était le nombre de voitures qui venaient en sens inverse, donc qui quittaient la ville. Vu l’heure – vers 16h30 – j’ai d’abord cru que ce trafic était causé par la fin d’une journée de travail, lorsque tout le monde rentre à la maison. Mais en voyant tous ces scooters surchargés de 3,4 ou 5 personnes et surtout tous ces pick-up chargés de monde (il devait y avoir plus de 15 personnes par pick-up !) et, pire encore, ces minibus pleins (mais PLEINS) à craquer, je me suis dit qu’il devait y avoir une autre raison… dans mon imaginaire fantastique, j’ai même commencé à imaginer qu’un gaz toxique s’était répandu en ville, causant la fuite de toute sa population…

 

Overcrowded bus

 

Bon, en fait il s’avère que l’explication était beaucoup plus simple et logique… Après être arrivé avec plus de 3h de retard, le chauffeur de tuktuk qui nous déposa en ville nous informa que le nouvel an Khmer serait dans 3 jours, et le proprio de la guesthouse où nous avons séjourné  nous expliqua ensuite que la majorité des cambodgiens de Phom Penh rendent visite à leur famille en province durant cette période. Nous apprenons donc avec étonnement que Phnom Penh, pourtant capitale du pays, ne fait rien d’extraordinaire pour la nouvelle année et que le gros de la fête se fait dans l’autre grande ville du pays, Siem Reap. Bah voilà, tant pis, faudra partir après seulement 2 jours dans la capitale !

 

Phnom Penh

 

De manière générale, ce fut une ville que nous avons bien appréciée et dans laquelle nous aurions certainement pu rester plus longtemps. Vu le faible temps dont nous disposions, nous nous sommes surtout focalisés sur les incontournables de la ville, mais nul doute qu’elle a encore bien d’autres choses à offrir !

 

Où dormir à Phnom Penh

 

Nous avions fait nos petites recherches d’hôtels avant d’arriver en ville, histoire d’avoir quelques établissements à visiter en débarquant. Le quartier situé au Nord du Palais Royal contient quelques guesthouses et hôtels vraiment pas chers et il est très proche des principaux centres d’intérêt de la ville. Notre sympathique chauffeur de tuktuk (obligatoire car l’arrêt de bus est vraiment excentré) nous déposera dans la 172 Street, devant la guesthouse de l’un de ses amis : Angel Guesthouse. Nous ne l’avons pas trouvée sur Internet mais nous y avons obtenu une chambre propre avec climatisation pour 12$ et même 10$ la troisième nuit (hum, faut dire que nous l’avons quand même menacé d’aller chez un concurrent qui a essayé de nous aguicher pour ce prix-là !). Le proprio, jeune de 30 ans, est super sympa et tient l’enseigne tout seul en compagnie de sa femme et ses enfants en bas âge. Il essayera bien sûr de vendre des tickets pour les fameux Killing Fields, de vous convaincre d’aller au stand de tir pour essayer de véritables armes qui ont servi pendant les massacres (…) ou encore de vous vendre des tickets de bus pour la suite de votre voyage et risque d’être relativement déçu s’il apprend que vous êtes passés par un autre revendeur. Bref, l’établissement est super bien situé, dans une rue bien animée qui contient toute une ribambelle de restaurants qui offrent certes tous les mêmes plats aux mêmes prix mais qui ont l’avantage d’être beaucoup moins chers que leurs concurrents situés quelques dizaines/centaines de mètres plus loin au bord du fleuve. On y mange pour environ 10$ à deux, boissons comprises.

 

Où manger ?

 

Dans et autour de cette rue (mais pas dans la direction du fleuve !), à Central Market ou encore mieux au marché de nuit. Il n’y a pas vraiment de petits stands de nourriture comme à Hanoi, Siem Reap ou Bangkok mais on mange de la très bonne nourriture de rue dans ces marchés. Tous ces endroits sont très facilement accessibles à pied depuis la 172 Street.

 

Marché

 

Que faire dans la capitale ?

 

Le Palais Royal

 

Proche du fleuve, le Palais Royal est en fait une enceinte qui abrite un ensemble de bâtisses dont certaines valent largement le coup d’œil, et d’autres moins. On est d’abord amené à suivre un petit chemin bordé de statues somme toute assez rigolotes, puis on se retrouve dans ce qui ressemble à une grande cour aménagée de temples, statues et autres constructions. Pour nous qui ne sommes pas forcément de grands experts en art, religion ou architecture, nous avons tout de même pris du plaisir durant cette visite qui nous fait découvrir certains monuments importants du Cambodge comme par exemple le Buddha d’Emeraude, bien que celui-ci soit bien moins impressionnant que sa légende laisse penser.

 

Palais royal

 

Les « Killing Fields »

 

Le Cambodge a vécu il y a à peine une quarantaine d’année la période la plus sombre de son histoire. Les Khmers Rouges sont connus à travers le monde entier pour les atrocités qu’ils ont faites subir à leur propre peuple mais pour bien des gens, tels que Clémentine et moi avant notre séjour dans ce pays, les détails de leur histoire sont pourtant méconnus. Prise de pouvoir par la force et génocide d’une grande proportion de la population sont des horreurs que le Cambodge a dû affronter récemment et, même aujourd’hui, la majorité des cambodgiens sont encore touchés, d’une manière ou d’une autre, par ce qui s’est passé à cette époque. Cela n’empêche pas que les sites d’emprisonnement, de tortures et de mise à mort sont de nos jours devenues des attractions touristiques à plein temps.

 

Les fameux « Killing Fields », qui tiennent cette nomination d’un film hollywoodien du même nom mais originalement appelé « Choeung Ek », font partie de ces lieux. Situés à une trentaine de minutes en tuktuk de Phnom Penh, ils font d’ailleurs partie, avec la prison Tuol Sleng dont nous parlerons plus tard, des plus connus de ces sites. Les prisonniers destinés à mourir (pour des crimes pas franchement valables comme, par exemple, le port de lunettes de soleil…) étaient amenés ici par milliers puis tués de façon extrêmement barbare. Bref, je pourrais consacrer un article entier à ce sujet, à relater en détail tout ce que j’ai appris durant cette visite mais là n’est pas le but. La visite se fait à l’aide d’un audioguide – disponible en français ! – qui guide les visiteurs en suivant un itinéraire déterminé marqué de « postes » numérotés. Chaque poste correspond à une partie de l’histoire contée parStupa l’audioguide et, bien qu’habituellement pas franchement persuadé par ce genre de méthode, je dois avouer que le tout est extrêmement bien ficelé et intéressant. Le silence règne dans le camp, chacun est dans son coin et écoute, ébahi, ce que l’audioguide lui raconte. La visite est marquante et parfois même choquante puisqu’aujourd’hui encore on peut apercevoir, après de grandes pluies, des ossements de victimes qui remontent à la surface des innombrables fosses communes qui jonchent le terrain au milieu duquel la visite a lieu. Les crânes de toutes les victimes retrouvées sont d’ailleurs sauvegardés dans une grande « stupa » au centre du camp, accessible à tous.

 

 

Nous y avons passé plus de deux heures. Nous ne pouvons pas dire que la visite nous a plu, car on ne prend aucun plaisir au cours d’un tel parcours. C’est un spectacle ahurissant qui s’offre aux curieux durant toute la visite. On y apprend des choses inouïes, on y vit des moments de profonde tristesse et compassion, des moments d’incompréhension pour toutes ces horreurs… C’est une expérience de laquelle on ne sort pas indifférent. A voir absolument mais attention aux âmes sensibles.

 

La prison Tuol Sleng

 

Elle se combine bien souvent à la visite des Killing Fields et c’est d’ailleurs ce que nous avons fait. Le proprio de la Guesthouse nous a assuré que ce musée ferme à 18h, ce que le chauffeur de tuktuk a confirmé mais il n’en est rien : fermeture à 17h. C’était un peu juste pour nous car nous y sommes arrivés à 16h30 et, bien qu’on ait débordé un peu après 17h, nous n’avons de loin pas eu le temps de visiter en profondeur toutes les salles que contient cette ancienne école, devenue prison du jour au lendemain et donc musée aujourd’hui.

 

La plupart des salles de classes, utilisées ensuite comme des cellules d’emprisonnement ou de torture, ont été transformées en lieu d’exposition où l’on peut lire des témoignages, des bouts d’histoire, voir les photos des prisonniers du camp ainsi que des outils de torture. D’autres salles ont été laissées intactes, permettant au visiteur de se rendre compte des conditions de vie du prisonnier. Nous avons essayé de voir le maximum de choses mais 1h ne suffit pas si l’on veut prendre le temps de tout regarder.

 

C’est une visite également marquante, qui permet de voir de ses propres yeux comment étaient traités les prisonniers ici il y a quelques décennies, mais nous l’avons trouvée inférieure aux Killing Fields. L’entrée est deux fois plus chère et l’on y retrouve beaucoup d’éléments, tous à lire, qui sont racontés durant la visite audio aux Killing Fields. De plus, nous trouvons que le « format » du musée, à savoir une succession de centaines de salles presque identiques, devient vite lassant et incite à finalement sauter des étapes (mais bon, c’était pas vraiment possible de faire autrement !). Bref, une visite à faire pour ceux qui ont le temps, mais s’il faut choisir entre les Killing Fields et Tuol Sleng, prenez le premier sans hésiter.

 

Tuol Sleng

 

Les différents marchés

 

Il existe différents marchés dans la capitale. Comme toujours, les plus grands sont aussi les plus touristiques et, forcément, ceux où faire de bonnes affaires est le plus difficile. Parmi ceux-ci, les plus connus sont Central Market et le marché russe. Nous avons fait le premier, situé sous un énorme dôme non loin du centre-ville et même très proche du quartier chaud de la rue Pasteur (qui, soit dit en passant, fait pas mal penser à Nana Soi de Bangkok avec son tourisme sexuel). C’est un marché immense où l’on peut trouver absolument de tout et où touristes et locaux se mêlent dans de joyeux attroupements. Nous nous y sommes complètement perdus (pourtant d’habitude on se débrouille en sens de l’orientation !) alors que nous tentions de retrouver le stand d’une commerçante. Nous y avons acheté quelques bricoles, dont un magnifique sac à dos The North Face à 5$ (comment ça, c’est un fake ?!) durement négocié auprès d’au moins 10 vendeurs différents !

 

Central market

 

Il y a également un marché de nuit à 5 minutes de la 172 Street. Cependant, attention à ne pas s’engouffrer dans le premier marché nocturne sur la route car il s’agit d’un marché de légumes local des plus bordéliques 😛 ! Enfin, nous ne pouvons que vous conseiller d’aller y jeter un œil car c’est vraiment du grand n’importe quoi, mais ne comptez pas trouver un super iPhone 8 pour 100$ ici 😉

 

Notre séjour dans la capitale s’arrêtera donc ici. Juste une dernière chose… on voulait partir le soir avant le premier jour du nouvel an (héhé ouais, ils ont tout compris pour faire la fête ici : nouvel an dure 3 jours !) mais souvenez-vous, je vous disais en début d’article que tout le monde déserte Phnom Penh en direction de Siem Reap. Bien que ces gens partent souvent par leurs propres moyens, les bus sont également pris d’assaut… Vous l’aurez donc compris, malgré les 4 agences visitées, aucune ne sera en mesure de nous vendre des billets pour le soir désiré. Une seule me proposera deux sièges pour un bus qui partait le matin suivant. Je n’ai pas hésité longtemps. Finalement, aucun regret, car nous vivrons encore une fois un trajet mémorable.

 

A bientôt !

De Hoi An à Ho Chi Minh en passant par Nha Trang

De Hoi An à Ho Chi Minh en passant par Nha Trang

Avant-propos : prix et infos pratiques

 

Hôtels

A Hoi An :
Quynh Nhan Homestay : 330’000 VND (environ 14$) la chambre double avec clim’ et petit déjeuner

A Nha Trang :
Thanh Thanh Hotel : 16$ la chambre double avec clim’ avec balcon vue sur mer

A HCM :

Vinh Hotel : 367’000 VND (environ 16$) la chambre double avec clim’

 

Transports

Bus Phong Nha – Hoi an : 230’000 VND (environ 10$)

Bus Hoi An – Nha Trang : 360’000 VND (environ 16$)

Taxi de l’arrêt de bus de Nha Trang jusqu’au bord de mer : 72’000 VND (environ 3$)

Bus Nha Trang – HCM : 220’000 VND (environ 10$)

 

Activités

Chaise longue à Nha Trang : 30’000 VND (environ 1.30$)

Musée des vestiges de la guerre à HCM : 15’000 VND (environ 0.70$)

 

Après avoir un peu traîné dans le Nord (sans pour autant avoir fait tout ce que nous voulions !!), nous devrons nous contenter d’un petit passage express dans le Sud du Viêt Nam. Hoi An, Nha Trang et Ho Chi Minh en 7 jours top chrono, voilà ce qui vous attend dans cet article !

 

Comment se rendre à Hoi An ?

 

Pour rallier Hoi An depuis Phong Nha, nous avons, comme d’habitude, jeté notre dévolu sur un bus couchettes. Cette fois, tout va bien, aucun de nous n’est malade et nous sommes en droit d’espérer un voyage qui sera plus confortable que le précédent. Nous savions désormais à quoi ressemblaient ces bus et nous avions, pour ce trajet, planifié de prendre deux places bien spécifiques. Sur l’image ci-dessous, voyez à quoi ressemble, de manière générale, un bus couchette (en sachant que ce sont à chaque fois deux lits superposés) :

 

bus vietnam

 

Lors de notre précédent trajet, nous avions pu avoir les deux lits situés juste devant les toilettes, nécessaires pour combler mes nombreuses allées et venues dans celles-ci. Mais pour aller à Hoi An, nous voulions nous procurer deux des trois places du fond, ce qui nous permettrait, en plus de dormir côte à côte tels de vrais amoureux, de regarder nos séries préférées sur notre iPad :). De plus, il faut savoir que, selon les bus, les couchettes font entre 1m60 et 1m80 de long et il m’est donc impossible de tendre mes pauvres jambes (en comptant qu’il me reste à peine 1m40 puisque je ne peux pas utiliser les « box » pour y mettre mes pieds !). La couchette du fond qui donne sur le couloir paraît donc une excellente option pour pallier à ce problème puisqu’elle n’a pas de box, et donc pas d’espace restreint pour les pieds !

 

En revanche, nous n’avions pas du tout pensé que ces places sont également celles qui subissent le plus le mauvais état des routes et la sauvageté du conducteur… Croyez-le ou non, j’ai réussi à éjecter jusqu’au plafond du bus après un choc particulièrement violent ! Pas de ceintures, rien pour me retenir en cas de freinage brusque, voici ce qui rendit ce bus un peu inconfortable pour moi… Pour Clémentine, c’est plutôt l’absence pure et simple de toilettes qui la fera paniquer un peu au début de ce trajet de 9heures !

 

Bref, départ à 21h, arrivée à Da Nang, une grande ville au Nord de Hoi An, vers 5h du matin après un trajet qui ne nous aura finalement pas tant amoché que ça. Il faut ensuite prendre un bus local qui nous déposera à Hoi An environ 1h plus tard.

 

Pour ceux qui préfèrent l’avion, Hoi An ne possède pas son propre aéroport. Il faudra là aussi transiter par l’aéroport de Da Nang puis rejoindre Hoi An en bus ou en taxi.

 

Hoi An

 

Tout simplement notre ville préférée au Viêt Nam d’après ce que nous avons vu ! Les rues sont pleines de charme, le marché du matin reste très authentique car peu fréquenté des touristes, l’architecture des bâtiments est très sympa et il y a plein de choses à faire. De plus, notre arrivée à Hoi An coïncide avec le moment où nous avons pu ranger définitivement nos pulls et jeans au fond de nos sacs – nous ne repasserons plus sous les 25 degrés ensuite !

 

Où loger à Hoi An ?

 

Nous avons trouvé une petite guesthouse très sympathique, et pas chère du tout pour ce standing, à deux minutes à pied de l’arrêt du bus : le Quynh Nhan Homestay. Enfin une chambre spacieuse, propre, claire, fraîche, moderne… Nous étions aux anges ! Malheureusement nous ne pouvions y séjourner qu’une nuit, après quoi l’établissement était fully booked.

 

Chambre

 

Que faire à Hoi An ?

 

Arrivés vers 7h du matin, nous devrons cependant attendre quelques heures avant de prendre possession de notre chambre. Le temps de faire un petit tour dans la vieille ville, à 5-10 minutes à pied de là, en passant par le marché et quelques rues pleines de boutiques de vêtements sur mesure. C’est d’ailleurs pour ce dernier élément que Hoi An est connue mondialement : on peut se faire faire un costume, une robe, un manteau et plein d’autres choses sur mesure et à tout petit prix tout en choisissant le moindre détail de confection ! Bon, malgré les prix vraiment minuscules on a su rester sages et ne pas exploser notre budget cette fois-ci… Même si nous aurons finalement fait bien pire en Thaïlande par la suite 🙁

 

Le spectacle qu’offre le marché qui se trouve au centre ville et qui a lieu tous les matins est assez exceptionnel pour tout occidental qui n’est pas habitué à ce type d’événement. C’est honnêtement un vrai bordel, il y a des gens partout, des scooters qui essaient de se faufiler dans la foule, les produits exposés semblent ne respecter aucune règle d’hygiène (du moins pour ce à quoi nous sommes habitués !), des poules encore vivantes et, juste à côté, certaines de leurs congénères juste égorgées puis, trois exposants plus loin, des poulets rôtis, des légumes lavés par terre… C’est assez effarant mais réellement génial de se retrouver immergé de la sorte dans le quotidien de cette population. Bon, nous en avons vu d’autres (et pires !) depuis, mais ce marché fût notre premier et il nous aura vraiment marqué !

 

Marcher

 

Après avoir récupéré les clefs de notre si belle chambre et Clémentine décidée à se reposer un peu pour récupérer de sa nuit tumultueuse dans le bus, je suis parti seul à vélo (location de bicyclette gratuite à l’hôtel !) en direction de la mer à quelque 5km de là. C’est une ballade très agréable, toute plate et qui prend une petite vingtaine de minutes en roulant tranquillement. Cela dit, la route n’est pas du tout ombragée et le soleil peut vite taper fort – bien penser à la crème solaire avant le départ (ça me fait penser qu’au moment où j’écris ces lignes je me tape ce qui se trouve sans aucun doute sur le podium des pires coups de soleil de ma vie !)

 

Il existe à Hoi An (enfin juste à côté) des petits « villages » comme le Vegetable Village, le Silk Village ou le Carpentry Village qui, comme leurs noms l’indiquent, ont chacun leur spécialité. Sans le savoir avant de partir en vélo, le Vegetable Village se trouve en fait (presque) sur la route qui part de Hoi An pour rejoindre la mer au Nord. Il est en fait situé sur une petite île par laquelle passe la route vers la plage. Armé de mon application Google Maps, c’est un peu par hasard si j’ai détecté ce village et que j’ai décidé d’y faire une petite halte. On peut y voir toute une flopée de gens qui travaillent sous un soleil de plomb, tous coiffés d’un traditionnel Nón lá (vous savez, ce fameux chapeau-parasol à la forme conique) dans ce qui ressemble un peu aux jardins communaux que nous retrouvons par chez nous – du moins en Suisse. Le décor est assez saisissant et dépaysant car il n’y a tout simplement pas le moindre touriste ici, dans cet endroit situé à peine 50m à l’est de la route qui achemine tous les touristes à la plage !

 

Villages

 

Et si on va encore un peu plus loin et qu’on sort de cet espace de travail, on se retrouve dans de fines allées qui bordent les nombreuses maisons familiales de ce village. On peut également voir une grande quantité de « bassins » qui servent surtout, d’après ce que j’ai vu, à rafraîchir les énormes bœufs que les vietnamiens utilisent pour le travail dans les champs. Je n’aurai rebroussé chemin qu’après m’être fait aboyer et courser par des chiens qui étaient, fort heureusement, bloqués derrière les barrières des maisons – ouf !

 

Maisons

 

Si l’on traverse la route et qu’on visite le côté ouest de celle-ci, on se retrouve plongé dans la nature avec toutefois des traces humaines tels que les bassins aménagés de différents dispositifs de pêche ou encore de turbines à électricité (sauf erreur !). On peut aussi apercevoir quelques pêcheurs à la ligne en pleine action, de petites rizières ou tout simplement des villageois dans les train-train quotidien. Une petite visite qui vaut largement le détour !

 

Pêcheurs

 

Plus loin, la plage. On doit avouer que voir cette étendue de sable et d’eau déjà au début du mois d’avril (oui oui, cet article a près d’un mois de retard… pas taper svp  🙁 !) avec un temps pareil c’est chouette ! Attention tout de même aux arnaques car le parking est payant et les différents « garde-vélos » tenteront toujours de vous escroquer. 10-15’000 VND, voilà jusqu’où il est possible de négocier je pense.

 

L’endroit en lui-même est, comme beaucoup de plages, un réel gouffre à touristes. On a l’impression qu’ils se sont tous donnés rendez-vous ici car on n’en croise pas tant que ça dans la ville (sauf aux monuments les plus connus). Mais l’endroit reste très charmant, la plage étant bordée tout du long par de petits restaurants ou bars à l’allure très sympathique pour la plupart. Prenez-y un verre pour profiter de la musique, du frais à l’abri du soleil et de la vue sur la mer, mais évitez d’y manger car les prix sont globalement plus chers qu’en ville.

 

Resto

 

Au final, nous aurions bien aimé rester plus longtemps à Hoi An, partir à la découverte des autres villages, faire du snorkeling dans un des spots environnants, faire un tour en bateau sur les îles à proximité ou simplement flâner puis déguster un bon repas dans les charmants faubourgs de l’ancienne cité. Nous aurions pu faire tout ça, mais un seul élément nous en a découragé : la nécessité de quitter cette si belle chambre pour partir, une fois encore, à la recherche d’un autre hôtel qui nous convienne. Cette tâche aurait été d’autant plus difficile cette fois car nous aurions été déçus par n’importe quelle chambre qui ne nous apporterait pas la même satisfaction que la précédente. Ça peut paraître bizarre comme raison, mais le fait est que nous aspirions à enfin nous poser dans un même hôtel pour une durée supérieure à 2 ou 3 jours. Nous avons donc quitté Hoi An, un peu à contrecœur, et sommes montés dans un nouveau bus de nuit. Direction : Nha Trang.

 

Séjour larvesque dans l’eldorado soviétique

 

Eh bien, chers lecteurs, la légende dit vrai : Nha Trang est effectivement une destination prisée par les compatriotes de ce cher Depardieu. On la surnomme d’ailleurs la Côte d’Azur russe… A tel point qu’ici, certaines enseignes sont écrites en russe avant même le vietnamien. Ça nous a un peu fait penser à Ballermann, le côté de l’île de Majorque où l’on se croirait en Allemagne, là où Currywurst König et Bier König sont… rois. Nous n’avons pas trouvé les équivalents russes de ces exportations à Nha Trang mais nul doute que cela existe quelque part !

 

Ne le cachons pas, Nha Trang ne nous aura pas fait une très bonne impression. C’est bien situé, la mer et la plage y sont belles tout comme le lever du soleil, mais outre cela… Tout est fait pour les touristes, les prix sont gonflés à bloc et l’on n’y mange pas aussi bien qu’ailleurs. Alors certes, l’on n’y trouve très certainement des petits restaurants excellents et moins chers si l’on s’aventure derrière les grands hôtels qui bordent le front de mer, plus au centre de la ville où il y a sûrement encore des vestiges d’authenticité. Sauf que justement, nous ne logions pas dans un de ces grands et luxueux hôtels. Il y a une bonne quantité d’hôtels moins chers et toujours face à la mer quelques kilomètres au Sud, proche de l’aéroport. On peut donc avoir la vue sur la mer et payer sa chambre moins de 15$ mais cela implique d’être relativement loin de la ville. C’est le choix que nous avons fait, et peut-être que ce n’était pas le bon.

 

Malgré tout ce que je viens de dire, nous sommes tout de même restés 4 jours à Nha Trang. Nous n’avions pas le temps de descendre plus au Sud en direction de Mui Ne mais voulions tout de même profiter de quelques jours de repos au bord de la mer. Nha Trang semblait être la meilleure option pour concilier nos restrictions, et ça nous a quand même fait du bien ! Je crois que le mois d’avril correspond au début de la haute saison dans cette région et pourtant il n’y avait vraiment pas grand monde. Nous n’étions de loin pas seuls bien sûr, mais suffisamment tranquilles pour profiter de quelques instants de farniente bien mérités. Ainsi, une fois n’est pas coutume, nous n’aurons strictement rien fait dans cette ville. Rien, si ce n’est prendre en photo le lever de celui qui infligea à Clémentine son premier coup de soleil.

 

Levé de soleil

 

Suite à ces quelques jours durant lesquels nous n’avons étonnamment pas appris le moindre mot russe, nous nous sommes rendus, à l’aide d’un bus de nuit, pour changer, vers notre dernière destination au Viêt Nam : Ho Chi Minh Ville.

 

Ho Chi Minh Ville (Saigon)

 

Avec ses quelques 12 millions d’habitants, Ho Chi Minh City est la ville la plus peuplée du Viêt Nam, devant Hanoï. Autrefois nommée Saïgon, nom du fleuve qui la traverse, elle a été renommée en 1975 en l’honneur du président Ho Chi Minh, cet homme qui semble être vénéré comme un demi-dieu un peu partout au Viêt Nam.

 

C’est une ville que nous aurons globalement préféré à Hanoï. Certes les scooters y sont tout aussi nombreux mais la ville parait mieux construite, mieux entretenue, plus sécurisée, moins bordélique… Nous aurons notamment apprécié certains édifices (comme par exemple une très jolie « fontaine », point de rencontre pour de nombreux jeunes), les parcs, le quartier moderne et son gratte-ciel local…

 

Edifices

 

Pourtant, notre avis n’est peut-être pas très objectif car nous n’avons passé que trop peu de temps dans cette ville pour en avoir une idée précise : même pas deux jours. A peine le temps pour nous de visiter l’excellent (mais non moins triste) musée des vestiges de la guerre (âmes sensibles, attendez vous à quelques photos choquantes…) et de se pavaner un peu autour du quartier touristique (le District 1) et hop, nous voilà déjà partis en direction du 2ème pays de notre voyage : le Cambodge !

 

Musée

Phong Nha et ses drôles de caves

Phong Nha et ses drôles de caves

Avant-propos : prix et infos pratiques

 

Hôtels

A Dong Hoi :
Nam Long Hotel : 20$ la chambre double avec clim’ et petit déjeuner

A Phong Nha :
Nha Nghi Thanh Dat : 12$ la chambre double avec clim’
Easy Tiger : dortoir à partir de 8$ le lit

 

Transports

Bus Hanoi – Dong Hoi : 400’000 VND (environ 18$)

Bus Dong Hoi – Phong Nha – 30’000 VND (environ 1.50$)

Location de scooter pour la journée : 170’000 VND avec le plein d’essence

 

Activités

Phong Nha Cave : prix de la barque 330’000 VND (à diviser par le nombre de passagers) + 150’000 VND pour l’entrée de la grotte

Paradise Cave : 250’000 VND

Plein d’infos sur le site de la Phong Nha Farmstay : http://www.phong-nha-cave.com/

 
Les grottes de la région de Phong Nha, située dans la partie Nord du Centre Viêt Nam, sont depuis quelques années devenues l’un des principaux attraits touristiques du pays. Le fait qu’on y ait trouvé la plus grande grotte du monde en 2009 (1991 en réalité, mais explorée et rendue célèbre seulement en 2009) n’est certainement pas étranger à l’énorme boost touristique qu’a connu la région depuis. Hang Sơn Đoòng, the biggest cave in the world. Il paraîtrait qu’un building entier de Manhattan (c’est ce qu’on peut lire partout, mais une tour de Shanghai ferait certainement tout aussi bien l’affaire, je pense) y trouverait sa place. Sa chambre principale mesure plus de 200m de haut pour 150m de large et 5km de long. On est d’accord, ça donne envie d’y aller ! Mais il y a un tout petit problème : depuis sa découverte, seule une poignée de chanceux ont eu le privilège de s’y rendre. 200 par année depuis 2013, d’après ce qu’on dit. Les places sont rares et il faut donc être suffisamment rapide pour réussir à se procurer l’un des 200 précieux sésames. Et, accessoirement, avancer les quelques 3000 dollars requis.
 
Quel dommage que nous n’ayons pas été suffisamment rapides…
 

Comment se rendre à Phong Nha ?

Que vous veniez de Hanoi, de Ho Chi Minh ou de Gibraltar, vous devrez forcément passer par Dong Hoi pour rallier ensuite Phong Nha, village le plus proche des grottes (quoique j’ai un doute là-dessus depuis que j’ai vu le nombre de bus qui vont à Hanoi directement depuis Phong Nha, mais c’est en tout cas ce qui nous a été dit à notre hôtel à Hanoi…). Pour ce faire, vous aurez le choix entre le bus, le train et l’avion (enfin si vous êtes vraiment courageux vous pouvez aussi essayer le scooter). Comme très souvent au Viêt Nam, le moyen le moins cher reste le bus. Le train coûte plus cher et met plus de temps. Il paraitrait cependant qu’il a comme avantage d’être un moyen de transport plus prisé par les locaux, donc si vous voulez vraiment vivre une expérience authentique, c’est tchoutchouuu. Et puis on va pas se mentir, dormir dans les bus vietnamiens n’est pas toujours facile – le non-entretien des routes et la manière de conduire des chauffeurs n’aidant pas vraiment. Sinon, Dong Hoi possède également son propre aéroport donc si vous avez le mal de la route ainsi qu’un peu d’argent à dépenser, c’est possible aussi (même s’il vous faudra quand même traverser la dure épreuve du bus pour rejoindre Phong Nha par la suite…) !
 
Pour notre part, nous sommes partis de Hanoi. Si vous avez bien suivi nos articles, vous vous souviendrez que nous sommes partis après notre petite journée « musées ». Et si vous avez vraiment très bien suivis, vous aurez aussi noté que pendant cette journée je n’étais pas tout à fait au pic de ma forme. Alors autant vous le dire tout de suite, ce premier trajet en bus couchettes aura aussi été l’une des pires nuits de ma vie. Je vous passerai les détails, ne vous en faites pas. Mais sachez au moins que nous avons raté notre arrêt à Dong Hoi. On est donc sortis du bus au milieu de nulle part, après la ville, à 4h du matin. Trouver un hôtel n’aura pas été une mince affaire, si bien que nous avons pris le premier que nous ayons trouvé, presque une heure plus tard. 20$ avec petit déjeuner compris, c’est pas donné mais nous n’avions juste pas la force de chercher plus loin ; malheureusement pour nous il était plein et nous avons dû attendre à la réception qu’une chambre se libère. Nous aurons finalement droit à notre lit presque trois heures plus tard. En attendant, j’ai pu m’endormir quelque temps sur le canapé de la réception. Pas Clémentine, qui veillait sur son chéri malade. Merci <3
 
Je me sentais un peu mieux lorsque nous nous sommes réveillés à 15h passées. Un petit tour en ville histoire de manger quelque chose (et se rendre compte que Dong Hoi ça a quand même l’air chouette comme petite ville !) et puis retour à l’hôtel. Nous partirons pour Phong Nha le lendemain matin.
 

De généreuses portions et un coucher de soleil
De généreuses portions et un coucher de soleil, tout ce que nous aurons vu de Dong Hoi…
 
Phong Nha se trouve à une cinquantaine de km de Dong Hoi. Il est possible de s’y rendre en taxi mais nous recommandons fortement le bus local pour son prix ridicule, ses départs fréquents (prix et infos en fin d’article) et surtout l’authenticité du voyage. Le bus emprunte des routes de campagne dont l’état vous fera littéralement bondir de votre siège (l’atterrissage peut d’ailleurs parfois faire mal, demandez à Clémentine), les paysages sont, comme souvent dans ce pays, à couper le souffle et vous aurez peut-être la chance comme nous de faire le voyage en compagnie de quelques écoliers de la région. Nous nous souviendrons longtemps de ce groupe de 5 jeunes de 15-16 ans avec qui nous avons rigolé sans pouvoir nous comprendre, qui se sont pris en selfie avec nous en arrière-plan et qui recherchaient sans arrêt le contact visuel avec nous. Très sympa !
 

Où loger à Phong Nha ?

Depuis que le tourisme s’est développé ici, les hôtels sont devenus légion. Si vous avez les moyens de mettre 30$ ou plus dans une nuit d’hôtel alors nous vous conseillons le Phong Nha Farmstay sans hésiter. Il est certes un peu à l’extérieur (à 8km de l’embarcadère pour les grottes) mais nous en avons entendu du bien jusqu’à Hanoi et sur Internet les avis sont unanimes : le top du top. Expérience dépaysante assurée dans cette ancienne ferme entourée de rizières ! Mais voilà, nous, nous sommes trop pauvres pour ça (yeah life sucks…).
 
Plus au centre, là où tous les hôtels se succèdent, the place to be semble être l’hôtel Easy Tiger. C’est bourré de backpackers et l’ambiance qui y règne tout au long de la journée est géniale. C’est aussi devant cet hôtel que le chauffeur de bus nous dépose, un peu par défaut. Le Easy Tiger est plein lorsque nous arrivons, nous nous rendons donc dans l’établissement juste en face, le Nha Nghi Thanh Dat, pour voir ce qu’ils proposent. Cet hôtel qui semble flambant neuf (les matelas sont plastifiés sous les draps, les prises électriques ont encore un film plastique qui les recouvre…) offre tout le confort nécessaire pour un prix très modeste. Seul bémol : le personnel qui ne parle pas un mot d’anglais, difficile donc d’obtenir des informations sur les grottes… heureusement qu’il y a le Easy Tiger juste en face ! 😉

 

Easy Tiger, the place to be !

 

Que faire sur place ?

Les grottes

Ah ben oui, on est quand même venus pour ça ! Alors il y en a pour tous les goûts et tous les budgets (grosso modo de 10 à 350$ par personne). Certaines se font en bateau, d’autres à pied. Les grottes terrestres peuvent être ralliées par ses propres moyens ou à l’aide d’un tour organisé. Il existe également des excursions de plusieurs jours.
 
Pour notre part nous avons visité seulement deux grottes, d’une part par manque de temps mais aussi car les prix ne sont pas donnés. Nous aurions adoré faire des tours sur plusieurs jours mais, là encore, le manque de temps et les prix nous ont vite refroidis.
 
Phong Nha Cave
Cette grotte a été la première à ouvrir ses portes au grand public et n’est accessible qu’en bateau. Elle peut facilement se coupler à la visite de la grotte Tien Son qui se trouve juste à côté. Le principe est relativement simple : depuis l’embarcadère de Phong Nha (situé à côté du Tourism Center), on peut se procurer des billets pour entrer dans les grottes ET pour louer une barque. La location de la barque coûte un prix fixe de 330’000VND mais peut contenir jusqu’à 14 personnes, ce qui permet de drastiquement diviser le prix si on arrive à être beaucoup. Pour notre part, nous avons réussi à nous incruster dans un groupe de 10 personnes (il faut juste attendre un peu sur le quai et demander aux nombreux groupes qui arrivent si vous pouvez vous joindre à eux ou si eux veulent se joindre à vous) et avons donc payé, à nous deux, moins de 60’000VND pour la barque. S’ajoutent ensuite le prix de l’entrée dans la grotte et tout y est !
 
Et c’est ainsi que nous partons pour un tour en « Dragon Boat » traditionnel en direction de la grotte ! Le trajet dure presque une heure et permet d’admirer le paysage qui borde la rivière Song Con et les quelques pêcheurs qui y travaillent.

 

Dragonboat vers la grotte
Dragonboat vers la grotte
 
Lorsqu’on arrive finalement à l’entrée de la grotte, on ne peut que s’incliner devant la majestuosité de cette montagne dans laquelle nous allons pénétrer. Les moteurs sont coupés et la suite se fera à la rame pour que les (nombreux) touristes puissent pleinement profiter du calme qui règne dans la grotte. On vogue un moment sous les innombrables stalactites qui ornent le plafond, parfaitement éclairées par un jeu de lumière au dosage impeccable, avant que notre barque accoste et laisse ses occupants continuer et finir la visite de la grotte à pied. C’est un véritable flot de touristes qui se déverse sur cette berge encore déserte il y a quelques années, mais l’imposante architecture des lieux en fait tout de même un endroit qui mérite d’être visité !

 

Phong Nha Cave
Phong Nha Cave
 
Lorsque l’on retourne à l’extérieur, la possibilité s’offre à ceux qui ont un billet pour les deux grottes de poursuivre vers Tien Son. Pour les autres, ce sera retour à la barque, qui ramènera tout votre groupe à l’embarcadère de Phong Nha.
 
Paradise Cave
Cette grotte est tout bonnement phénoménale ! Elle est située à une trentaine de km de Phong Nha. Il existe un « petit tour » d’environ 1km dans la grotte, que chacun peut faire par soi-même ou alors au sein d’une visite guidée en groupe, et un « grand tour » de 7km dans la grotte qui nécessite un guide. A savoir que le petit tour passe exclusivement par des passerelles aménagées pour les visiteurs alors que le trek de 7km est bien plus aventureux : traversée de rivières souterraines, marche dans le noir total, rochers glissants… Personnellement je pense que j’aurais adoré ce parcours ! Malheureusement il requiert une somme que nous ne sommes pas disposés à dépenser en un jour.
 
Warning !
 
Le prix de l’entrée a récemment augmenté de manière drastique. Sur internet et dans les guides, on peut lire un peu partout que le prix est de 150’000VND par personne mais ce montant est erroné, passé à 250’000VND depuis le 1er janvier 2015. Nous avons failli nous faire avoir, n’emportant avec nous que le strict minimum (150’000×2) et une marge en cas de petit creux, soif ou manque d’essence… autant vous dire qu’on a finalement juste pu s’offrir une petite bouteille de Green Tea Lemon (un délice soi dit en passant). Et ne comptez pas sur votre carte bancaire pour vous dépanner là-bas, ils n’acceptent que du cash ! 😉

 
Pour s’y rendre, rien de mieux que le moyen de locomotion préféré des vietnamiens : le scooter ! On peut en trouver en location dans une grande partie des hôtels environnants (dans le même genre que sur l’île de Cat Ba) mais nous conseillons d’éviter le Easy Tiger qui propose, d’après ce que nous avons vu, des scooters plus vieux et moins bien entretenus. Il est ensuite très facile de se rendre à Paradise Cave car l’itinéraire le plus facile ne comprend que deux intersections.
 
La route est bien faite, on passe au milieu de rizières, collines et à flanc des rocheuses montagnes qui délimitent le parc national de Phong Nha – Ke Bang. Encore une fois, les choses intéressantes à voir commencent dès le départ en scooter ! On peut également prendre des routes de terre, moins bien faites (donc plus fun !), avec beaucoup de bosses et qui proposent certainement des paysages tout aussi beaux voir mieux, mais c’est à déconseiller lorsqu’on loue un scooter pour deux (ou le « passager » aura très vite mal aux fesses !). Et puis, sur ces routes de terre, le passager n’a aucune chance de prendre de belles photos pendant le trajet !
 
L’entrée de la grotte se trouve environ 2-3km (de montée !) après la billetterie. Pour la rejoindre, deux options s’offrent aux visiteurs :
• De superbes voitures de golf (moyennant un petit supplément bien entendu)
• À pied, tout simplement
 
Bon, honnêtement, ça monte quand même sec et il fait très vite chaud. Mais le trajet se fait très bien à pied et, comme souvent, c’est de cette manière qu’on profite le mieux du paysage environnant. Et on aussi là pour ça (un peu…) !
 
Mais revenons-en à nos moutons. Paradise Cave. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on se sent tout de suite rikiki lorsqu’on rentre là-dedans (même moi, oui) ! C’est assez bluffant de se balader dans cette grotte qui parait infinie. Il n’y a qu’un chemin à suivre, qui mène les visiteurs à travers la grotte sur plus d’1km de long. Le passage est assez étroit, si bien que le flot de visiteurs peine parfois à se croiser. Il y a vraiment trop de monde aux heures de pointe et, dans cette caverne résonnante, la cacophonie ambulante devient vite pénible. S’il y a bien une chose qu’on a pu remarquer depuis notre arrivée en Orient, c’est que les asiatiques ne se privent pas de faire entendre leurs voix bien fort (et particulièrement les guides armés de leurs micros) ! Il est donc conseillé de se rendre à Paradise Cave dès l’ouverture à 8h du matin, pour profiter d’un calme qui apporte une toute autre dimension à la visite de ce lieu majestueux. Fait intéressant, nous avons-nous même été des attractions touristiques durant cette visite. Les « blancs » sont tout de même assez rares ici (étonnamment d’ailleurs, sachant qu’au Easy Tiger il n’y a que des « westerners » et australiens à longueur de journée !) et ce sont en tout 3 groupes d’asiatiques qui auront insisté pour faire des photos (payantes !) avec nous. C’était amusant, mais jamais nous n’aurions pensé tenir un rôle de bête de foire dans cette caverne !

 

Paradise Cave
Paradise Cave
 
Au final, nous aurons apprécié la visite de ces deux grottes, bien que nous ayons préféré la première de par la liberté de mouvement qu’elle offre mais également car il y a beaucoup moins de bruit à l’intérieur. Ces deux grottes sont les plus touristiques de la région mais il y en a plein d’autres qui valent très certainement la peine d’être visitées si on a le temps.
 

Y a quoi là-bas à part des cavernes ?

Pour être tout à fait honnêtes, le village de Phong Nha n’a pas beaucoup de charme ou d’authenticité. Devenu le lieu de départ de presque toutes les visites dans les fameuses cavernes, on y trouve surtout une succession d’hôtels et de restaurants touristiques qui bordent la seule route qui traverse tout le village.
 
Par contre, si l’on sort de Phong Nha et qu’on emprunte les chemins de terre qui partent d’à-peu-près partout (et vont à peu-près-partout aussi), on tombe très vite sur la vraie campagne vietnamienne. On peut admirer des collines verdoyantes, de longues surfaces planes jonchées de rizières, des rivières avec leur lot de pêcheurs et de bœufs qui se rafraîchissent ou encore des fermes isolées.
 
Une petite baignade dans la rivière peut également faire le plus grand bien après une journée à transpirer plusieurs litres. Il existe un petit café à l’extrémité Sud du village, tenu par le type qui a découvert Soon Doong en 1991, qui permet un accès facile à la rivière pour faire trempette.
 
Et pour les soirées, rendez-vous au Easy Tiger pour une ambiance tout à fait géniale, des rires et de la bonne humeur à foison (mais pour la nourriture, préférez plutôt l’un des nombreux autres restaurants qui borde la route…) !

 

En dehors de Phong Nha...
En dehors de Phong Nha…
 
Nous nous arrêterons là pour notre périple à Phong Nha. Nouveau bus de nuit, cette fois en direction de Hoi An en espérant que le voyage sera plus reposant que le précédent…
 
A bientôt !
 
Haiphong, Cat Bâ et la baie d’Ha Long

Haiphong, Cat Bâ et la baie d’Ha Long

Avant-propos : prix et infos pratiques

 

Hôtels (chambres double)

à Cat Ba – Nam Phuong Hotel : 6$

 

Transports

Bus Hanoi – Haiphong : 70’000VND (environ 3$)

Bateau Haiphong – Cat Ba : 150’000 VND (environ 7$)

Possibilité de prendre un billet « combiné » Hanoi-Haiphong-Cat Ba pour 200’000 VND, soit 1$ d’économies

Location de scooter à Cat Ba : 4$ pour la journée + plein d’essence à 3$

 

Activités

Tour touristique de 1 jour baies d’Ha Long + Lan Ha + Monkey Island, repas compris (midi) : 20$

Bateau pêcheur pour la baie de Lan Ha + Monkey Island : 15-20$ – selon vos compétences de négociateur 😉

Croisière sur 2 jours, repas compris : environ 90$

Entrée au parc national : gratuite

 

Un court séjour à Haiphong

Dans un précédent article, nous vous racontions notre périple en bus pour rejoindre Haiphong, intermédiaire nécessaire pour rallier l’île de Cat Ba depuis Hanoi. Nous voulions visiter la capitale durant la journée avant de nous diriger vers l’île, raison pour laquelle nous n’avons pris un bus pour Haiphong qu’en fin d’après-midi.
 
Nous avions comme plan de trouver un petit hôtel pas cher en ville et d’y séjourner une nuit avant de prendre le bateau dès le lendemain matin. Mais ce que nous n’avions pas prévus c’est que le terminus du bus ne se trouvait pas du tout au centre-ville de Haiphong. Première erreur.
Nous pensions que la ville, forcément développée touristiquement car – je me répète – seul moyen de rejoindre Cat Ba, nous offrirait un large panel d’hôtels un peu partout. Deuxième erreur.
En raison de ce dernier élément, précisons encore que nous n’avons même pas pris la peine de regarder les hôtels sur Internet (d’habitude on se renseigne toujours avant d’arriver en ville) et, pire, nous n’avons pas non plus téléchargé les cartes de la ville sur notre application GoogleMaps. Jamais deux sans trois, comme on dit… Troisième erreur donc.
 
Les erreurs de débutant comme celles-ci font partie intégrante d’un premier voyage. A l’avenir, nous prendrons toujours soin de faire en sorte d’éviter ces erreurs avant d’arriver quelque part. Cela nous évitera peut-être de tourner en rond plus d’une heure à la recherche du moindre hôtel…
Il faisait déjà nuit lorsque le bus nous a déposés à Haiphong. « Regarde là-bas il y a plein de lumières, on y trouvera certainement un hôtel ! » ai-je dit à Clémentine. Nous nous sommes donc mis en route, mais nous avons vite déchanté : des lumières oui, mais seulement des décorations sur la route ou des petits magasins. Pas le moindre hôtel. On a tourné longtemps en ville, demandant notre chemin une dizaine de fois. On s’est même plus ou moins perdus, mais au final nous aurons tout de même trouvé 3 hôtels, tous du même standing et dans la même fourchette de prix (20-25 dollars la nuit). On espérait trouver pour moins mais tant pis, ça ira pour cette fois.
 
Le temps que nous nous posions et reposions dans la chambre, il était 21h30 lorsque la motivation de ressortir nous regagna. La ville, ou du moins ce quartier, nous a malgré tout bien plu lorsque nous cherchions un hôtel : ça bouge, c’est très joliment décoré, moins bruyant que Hanoi et pas du tout touristique ! Mais voilà, à 21h30 toutes les lumières étaient déjà éteintes et les rues commençaient à se vider… On voulait tout de même manger un morceau, et notre attention s’est portée sur un petit restaurant local spécialisé dans les fruits de mer où personne ne parle anglais. On est surpris de voir que les prix ne sont pas affichés sur la carte mais bon, tant pis, un petit restaurant local comme ça ça ne doit pas être bien cher… Les plats étaient bons, bien qu’en petite quantité. On se demandait combien ça nous coûterait. « 150’000 comme hier à Hanoi ? » « Mais non ça sera beaucoup moins cher ici ! »… Arrivée de l’addition et petite sueur froide : 356’000VND. Ça y est on s’est encore fait rouler ! Ce repas est encore aujourd’hui le plus cher que nous ayons eu. Bon on est d’accord, 15$ ça ne nous a pas ruinés, mais on était un peu surpris et ces 356’000 me sont restés en travers de la gorge (vous l’avez sûrement remarqué !)
 
Bref, le lendemain matin nous quitterons Haiphong.
 
Dans le bateau, plein à craquer comme le bus de la veille, c’est à moi de prendre place sur une petite chaise supplémentaire dans le couloir… ça va, le trajet n’était que de 45 minutes et j’ai eu droit à une vraie chaise !
 
Nous arrivons à Cat Ba et sommes tout de suite impressionnés par le paysage qui s’offre à nous. Des hôtels, des restaurants et des « Tours Agency » qui se suivent sur toute la côte. Une horreur ! On se pose dans le premier petit café, dégustons nos premiers pancakes vietnamiens en guise de petit déjeuner et commençons à faire le tri des hôtels que nous irons visiter. Nous en sélectionnons 5, un peu éparpillés partout sur cette côte, avec un budget max de 7$ la nuit. Après les avoirs visités, il s’avère qu’ils valent tous leur prix et que la décision se joue sur des petits détails. Les tarifs indiqués dans les petits descriptifs ci-dessous sont ceux que nous avons obtenus après négociation et peuvent donc facilement changer.

Quel hôtel choisir à Cat Ba?

Mr. Zoom : la chambre la moins chère. 5$ la nuit, ce n’est rien ! Très rustique et sans vue, cet hôtel n’a selon nous comme seul avantage son prix imbattable. A considérer pour ceux qui souhaitent vraiment dépenser le moins possible sans prendre en considération d’autres facteurs.

Green Cat Ba Hostel : un peu en retrait du front de mer donc pas non plus de vue pour cet hôtel. Pour 6$ la nuit nous aurions eu une chambre pour 4, et pour 8$ le petit déjeuner était inclus. Le meilleur rapport qualité/prix pour ce petit hôtel très sympa pour quiconque ne recherche pas absolument une chambre avec vue sur la mer.

Downtown Cat Ba Hotel : un hôtel sympa avec ce qu’il faut mais somme toute très banal. 6$ la chambre sans vue, 7 avec.

Khan Huyen Hotel : pareil que le précédent, si ce n’est que la connexion wifi n’est pas optimale dans les chambres et que la gérante a fini par nous casser les oreilles à nous proposer ses massages à chaque fois que nous passions devant son hôtel.

Nam Phuong : notre choix final ! L’hôtel en soi n’a pas forcément plus à offrir que les autres (la connexion Internet étant même très lente dans les chambres), nous avons surtout pris cet hôtel pour l’énorme balcon avec vue sur la mer de la chambre du dernier étage, le 5ème. De plus, le personnel était tellement souriant qu’il nous était difficile de résister !

Vue depuis le balcon
Vue depuis le balcon

 

Que faire à Cat Ba ?

Ces petites visites terminées et un peu crevés par tous ces escaliers montés sacs au dos (point d’ascenseur ici…), on ne sera pas très productifs le reste de la journée… Celle-ci sera surtout consacrée à notre première lessive à mains nues (dont je ne dévoilerai pas les détails ici pour des raisons de dignité).
 
Visite de l’île et Parc National
Le lendemain, nous louons un scooter pour partir à l’exploration de l’île. En raison de la forte concurrence (chaque hôtel ou presque a son propre business de location de scooter), le prix pour se procurer une de ces « motorbike » toute une journée est de 4$… ajoutez à cela le plein d’essence (60’000VND / moins de 3$) et vous serez parés pour toute la journée – et encore, vous aurez trop d’essence dans le réservoir !
 
Il est intéressant de noter que les touristes disparaissent comme par magie sitôt que l’on quitte la « ville » de Cat Ba et son port et ça, on adore ! On se retrouve alors sur de longues routes presque désertes au milieu de toutes ces collines verdoyantes, c’est féérique ! Le bruit du moteur entache un peu cette si belle nature mais si l’on prend la peine de s’arrêter quelques instants au bord de la route, on peut entendre les bruits magiques de la nature. Tout d’abord ces innombrables chants d’oiseaux en tout genre (le parc national comprend une grande variété d’oiseaux mais aussi de mammifères, lézards et insectes), puis, bien plus étonnant et impressionnant, d’autres bruits que nous ne connaissions pas. D’un air niais j’ai alors demandé à Clémentine « de quelle sorte d’oiseaux penses-tu qu’il s’agisse ? » ce à quoi elle m’a répondu, d’un air tout aussi naïf, qu’elle n’en savait rien… avant de s’exclamer, à peine trois secondes plus tard « ah mais c’est des singes ! »… On avait l’air un peu débile mais on vous promet qu’au premier abord les deux se ressemblent ! On peut donc effectivement entendre des voix de singes, qui s’élèvent, résonnent et se répondent dans cette immense forêt montagneuse. On est complètement entourés de collines et on a l’impression que les singes de chacune d’entre elles communiquent entre eux. C’est tout d’abord magnifique d’entendre tous ces sons mais je peux vous dire que ça peut vite devenir effrayant ! Comme si une horde de grands singes préparait en ce moment même un plan d’attaque pour charger ces deux pauvres touristes émerveillés au pied de leurs collines…
 
Mais nous n’avons pas été attaqués par les singes (enfin si, mais pas ici !). Nous avons repris la route et rallumé ce vieux moteur, non sans avoir essayé d’enregistrer ces fabuleux bruits avec notre portable… Nous avons donc traversé l’île par l’une de ses deux seules routes. Au nord, il n’y a qu’un port d’où partent des bateaux de pêches et ferrys pour les nombreuses îles avoisinantes.
 
Nous sommes retournés au centre, à l’entrée du parc national où nous voulions faire une petite marche. L’entrée n’est pas payante et il n’y a au départ qu’un seul chemin à suivre, qui traverse ce qui semble être un petit village où les gens travaillent dans l’indifférence totale des touristes qui passent parfois par là. D’ailleurs, nous croisons un petit groupe de touristes allemands, les premiers de la journée, qui sont sur le chemin du retour. Equipés de leurs claquettes, sans aucun signe de transpiration ni de fatigue, nous nous sommes dits que si eux étaient montés sur cette montagne qui se dressait devant nous, alors nous pouvions le faire aussi !
 
Mais je ne crois plus que ces allemands soient montés…
 
Il faut savoir que ni Clémentine ni moi n’étions de grands fanatiques de randonnée avant cette ascension. Nous partions sans aucun entraînement, sans aucune idée de la limite que nous pouvions supporter. Nous nous sommes donc lancés dans cette forêt primitive sans savoir ce qui nous attendait. Nous pensions que le parc, très touristique, aurait un chemin précis, balisé et facile à emprunter. Mais de ce que nous avons pu voir, il n’est pas si touristique (nous n’avons croisé que 3 touristes en tout). Alors certes il y a un chemin, certes il est balisé, mais qu’est-ce qu’il est éprouvant ! Ca commence doucement, une simple montée dans un chemin de terre avec des cailloux, semblable à ce que l’on peut rencontrer sur les chemins de montagne en Suisse (mais ici, point de Dahu, il n’y a que des singes 😉 !). Puis il y a quelques passages difficiles, quelques troncs d’arbres sur le passage. Et, pour finir, ce sont plusieurs rochers à escalader qui sont sur le chemin (mais bon, pour ça ils ont été sympas, ils ont mis des barrières sur le côté…). Bref, on a souffert mais qu’est-ce qu’on a adoré ! Après environ une heure d’effort, nous distinguions enfin le sommet (enfin, le premier…) et, après l’avoir atteint, la plus belle des récompenses s’offrait à nous : une vue époustouflante à 360° sur toute l’île. C’est ici que nous avons rencontré Rebecca, notre premier compagnon de voyage, avant de nous attaquer, pour la forme, au vrai sommet de cette montagne, à moins de 10 minutes d’ici…
 

Ceci est le chemin...
Ceci est le chemin…

 

Cette ascension aura été l’un des moments forts de notre voyage jusqu’ici. Nous nous sommes découverts une passion pour la randonnée en nature et les paysages que l’on voit sur cette île sont juste magnifiques. Avec de bonnes chaussures, cette marche est réalisable par à peu près tout le monde – il suffit juste de transpirer un peu et de faire travailler ses jambes, mais la vue en vaut le prix ! Nous, on est des débutants et, bien que cette « ascension » paraisse ridicule comparée à certains treks, nous sommes fiers de l’avoir faite.
 

Infini luxuriant
Infini luxuriant

 

Pour rentrer en fin de journée, nous avons choisi de longer la route côtière à l’Ouest de l’île. D’autres paysages, un joli coucher de soleil et des routes moins praticables auront rythmé ce voyage retour.
Le coin touristique
 
La partie touristique de l’île, celle où se succèdent tous les hôtels, offre également quelques trucs sympas à faire. On peut tout d’abord y faire une petite promenade le long de la mer dans un petit parc aménagé à cet effet. Un énorme marché était installé au centre de la ville, face à l’embarcadère. Celui-ci est gratuit la journée mais, fait étonnant, payant une fois la nuit tombée… Le jour où nous sommes arrivés, une grande scène se  faisait construire juste à côté de l’embarcadère, et nous avons pu assister à des concerts de musique locale les deux soirs suivants.
 

Marché de Cat Ba
Marché de Cat Ba

 

Baies de Cat Ba, Ha Long et Monkey Island

La baie d’Ha Long est la principale attraction touristique du Viet Nam et la raison initiale de notre venue sur Cat Ba (tout comme l’énorme majorité des touristes qui y vont). Il est possible d’y réserver des excursions au départ de Hanoi mais les prix sont bien plus élevés qu’à Cat Ba. Pour notre part, nous étions à la recherche d’une bonne offre pour faire la visite sur deux jours en passant une nuit sur le bateau. Nos critères étaient les suivants : pas trop de personnes à bord (minimum 4, grand maximum 10) et une jonque traditionnelle en guise de bateau. On avait bien compris qu’il ne fallait surtout pas réserver dans une agence ou à l’hôtel, parfaits pièges à touristes, mais nous désespérions de ne voir que des offres approchant les 90-100$ par personne (avec notre budget de 20$ quotidiens ça passe pas trop !).
 
En revenant de notre expédition au parc national, un homme se trouvant à notre hôtel nous propose un voyage d’unve journée pour voir les baies de Cat Ba et Ha Long ainsi que Monkey Island. D’abord inintéressés, nous lui demandons tout de même son prix, par curiosité. 20$ par personne. Là il nous intéresse ! Il nous montre alors son petit classeur imagé et nous explique qu’on peut faire un tour en kayak dans la baie. On peut voir des photos de jonque traditionnelle ou de grottes creusée dans le karst. Ça a l’air sympa ! Dernière chose à vérifier, le nombre de touristes à bord. « Between 10 and 12 » me dit-il. Bon, ça va, on va faire preuve d’un peu de souplesse et on accepte son offre. Erreur. Ne JAMAIS réserver à l’hôtel, nous avait-on pourtant dit.
 
Le lendemain, un mini-bus vient nous chercher à l’hôtel. Fort de ses 10 places assises, nous nous disons que nous serons donc maximum 10 sur le bateau. C’était sans compter sur les vietnamiens qui, comme nous vous le racontions dans cet article, aiment bien bourrer leurs bus au-delà des capacités de ceux-ci. Nous serons finalement 13 dans le bus. On commence à avoir un peu peur mais bon, là le bus est plein à craquer, plus personne ne peut rentrer. Ouf 🙂
 
Notre soulagement ne sera que de courte durée. Arrivés au port, on nous indique le bateau sur lequel nous devons embarquer. Point de jonque. Un bon gros bateau à moteur, voilà ce qui nous attend. Et surtout un bateau à moteur sur lequel il y avait déjà des touristes avant notre arrivée ! Au final, nous serons 20 : 11 allemands, 3 hollandais, 2 coréens, 2 anglais et 2 suisses… une bien belle équipe de touristes ! Bon, la journée aura tout de même été réussie et les 20$ n’auront pas été gâchés, au contraire. Nous avons vu les baies, nous avons fait du kayak, nous avons passé dans une grotte et nous avons bien mangé à bord. Nous avons même risqué notre vie sur Monkey Island, lorsque notre capitaine nous a fait escalader des rochers pointus jusqu’au sommet de l’île sans nous prévenir alors que nous étions presque tous chaussés de tongs ! Certains ne sont pas montés, d’autres ont abandonnés. Avec le recul, nous aurions dû abandonner aussi car c’était vraiment dangereux. Il n’y avait aucune sécurité et le moindre faux pas pouvait entrainer une chute de plusieurs dizaines de mètres. Nous l’avons fait et ça en valait la peine, encore une fois à cause d’une vue splendide à la fin, mais c’était de la folie. Autre fait divers à relever : les singes de Monkey Island ont littéralement attaqué notre groupe (sans exagération !) probablement après avoir senti une banane dans le sac de l’un des hollandais. Je crois que la plupart des touristes de notre bateau ont passé un sale moment sur Monkey Island. Pour ma part, c’était la meilleure escale de la journée !
 
Image2
 
Mais à part pour cette dernière île, le reste du programme n’était pas authentique, trop formaté par le tourisme de masse. J’ai eu un léger pincement au cœur lorsque nous sommes passés à côté d’un petit bateau de pêcheurs, arrêté au pied d’un énorme rocher de 15-20m de haut duquel deux touristes venaient de sauter… Bordel ça aurait dû être nous !
 
Quand je pense que le jour d’avant j’ai été interpellé par un pêcheur du nom de Van, qui nous proposait une journée pour nous faire visiter la baie de Cat Ba et Monkey Island pour 20$ (négociable bien sûr !) et qui a même insisté pour que j’enregistre son numéro de téléphone… Je n’ai même pas considéré son offre car il ne pouvait pas se rendre à la baie d’Ha Long, trop loin pour son modeste bateau. Ce que je ne savais pas, c’est que les baies de Cat Ba et Ha Long sont strictement identiques en tout point de vue !
 

Ou manger à Cat Ba ?

De retour au port puis en ville, nous nous apprêtons à passer notre dernière soirée ici avant de retourner à Hanoi. Nous sommes de retour dans la zone hypertouristique et les restaurant se suivent au même rythme que les hôtels : l’un après les autres. Et tout comme les hôtels, ils offrent tous à peu près la même chose. Je pense que la meilleure manière de choisir son restaurant est de jeter un œil aux assiettes des clients qui y sont déjà attablés (enfin, faut quand même regarder le menu hein !). De manière générale nous avons bien mangé à Cat Ba, sans que ça ne soit exquis.
 
Cat Ba aura été l’une des bonnes surprises de ce début de voyage. Nous aurions adoré y rester plus que 3 jours et y faire d’autres marches, des treks de plusieurs jours à la découverte de l’île principale ou des îles environnantes. Nous reviendrons certainement dans la région si nos futurs voyages nous font repasser par le Viêt Nam.
 
A bientôt !
 

Culture locale n° 1 – Une expédition dans le bus vietnamien

Culture locale n° 1 – Une expédition dans le bus vietnamien

Notre première destination au Viêt Nam après Hanoi a été la petite île de Cat Ba, environ 150 km à l’est de la capitale.

Pour nous y rendre, nous avons dans un premier temps décidé de prendre un bus jusqu’à Haiphong, ville portuaire d’où partent les bateaux pour l’île. Cette solution est plus avantageuse autant au niveau du prix (70’000 VND par personne soit environ 3€), du temps de trajet (annoncé à 1h45 mais on y passe quand même plus de 2h) que de la fréquence des trajets (toutes les 15 minutes apparemment). De plus, en termes de confort, les sièges de ce bus n’ont rien à envier aux fauteuils que proposent les cars de voyages occidentaux.

 

L’autre solution consiste à prendre le train. Certes à peine plus cher, il met néanmoins plus longtemps (3h d’après le bureau de la gare) et fait le trajet seulement trois fois par jour.

 

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Train en gare à Hanoi

 

Les bus vietnamiens, toute une histoire

 

Prendre le bus au Viêt Nam est déjà une aventure en soi (bah ouais, sinon je n’écrirais pas cet article !). Nous l’avions déjà constaté pour nous rendre de l’aéroport à la ville de Hanoi, mais ce fut encore plus vrai pour le trajet Hanoi-Haiphong !

 

Arrivés à la gare routière Luong Yên au Sud du vieux quartier de Hanoi, nous nous dirigeons donc vers un bus sur lequel est écrit le nom de la ville que nous souhaitons rejoindre. Juste avant d’arriver aux portes du car, deux hommes nous interpellent et nous crient « Haiphong ?! » tout en nous faisant des signes en direction d’un autre bus qui, pourtant, était déjà en train de partir (avec la porte ouverte bien entendu !). Méfiant (et aussi parce qu’on s’est déjà fait rouler à peine quelques heures auparavant…), ma première question est de demander leur prix. J’ai l’impression – sûrement à tort – que l’un me propose 25’000 alors que le deuxième me dit 70’000. Premier réflexe maladroit de ma part, je leur sort un « No way ! To expensive ! » cinglant mais l’homme aux 70’000 insiste et me montre la pancarte sur le bus qui confirme ses dires. C’est seulement à ce moment là que je me suis souvenu qu’il s’agissait bien du prix que nous avions vu sur internet…

 

Bref, ni une, ni deux, nous voilà sautant avec nos énormes sacs sur le dos dans ce bus qui s’est à peine arrêté. L’avant du bus est bondé mais, par chance, nous répérons quelques places libres tout derrière. La banquette arrière est complètement vide et nous nous installons donc là, confortablement sur les 5 places de celle-ci. Mais moins de 5 minutes s’écoulent avant que l’ « assistant » du chauffeur (au Viêt Nam, le chauffeur est toujours accompagné d’un type chargé de faire payer les billets aux voyageurs une fois le bus parti) se dirige vers nous, nous fait signe de ne pas occuper toute la banquette et de nous coller l’un à l’autre. Le bus ayant encore quelques places inoccupées, nous ne comprenons pas trop mais nous nous exécutons sans essayer de poser de questions à ce type qui ne parle pas anglais (on n’est pas là pour chercher des embrouilles hein !). Fort heureusement, la dernière rangée est dotée d’un espace très conséquent au niveau des jambes, si bien que même avec les sacs entre les gambettes (et malgré mon mètre 93) nous sommes très bien installés.

 

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Ca passe large !

 

Jusque là, rien d’anormal… si ce n’est cette pile de petits tabourets entassés dans le couloir central du bus. À ce moment là nous ne savions pas encore que nous avions les meilleures places du bus, celles qui nous permettraient d’assister à un show qui fera de ce trajet le plus sympathique de ma vie (mis à part le fait que nous avons très vite eu droit aux incessants coups de klaxons rauques de notre bus. Mais nous nous y attendions un peu, et visiblement ce n’était pas suffisamment dérangeant pour empêcher Clémentine de piquer un bon petit somme bien mérité ;-).)

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Mais que diable peuvent bien faire ces tabourets ici ?!

 

Désolé pour la qualité ; j'ai dû rester discret !
Désolé pour la qualité ; j’ai dû rester discret !

 

51 places, 60 personnes assises ?

 

Quelques minutes plus tard, les 51 places assises que contiennent le bus sont toutes occupées. Vous connaissez le principe des bus Hop-on/hop-off ? Eh bien découvrez le au Viêt-nam ! Durant tout le trajet en ville de Hanoi, la porte avant du bus est ouverte et les gens peuvent littéralement sauter dedans sans que celui-ci ne s’arrête (mais rassurez-vous, il ralentit quand même !). Et c’est là que la pile de tabouret va remplir toute l’étendue de sa fonction : le bus est plein à craquer ? Pas de soucis, asseyez-vous donc sur l’un de ces tabourets hyper-confortables durant plus de deux heures de trajet ! Le principe marche à merveille, si bien que ce seront en tout 9 personnes qui seront assises à ras du sol – portant le total de passagers à 60 (oui je me suis fait ch*er à compter).

 

Une fois sortis de la ville, notre assistant du chauffeur est donc chargé de passer auprès de chaque passager et lui faire payer son ticket. Ce travail peut paraître simple, mais pas dans les conditions que vous voyez ci-dessous…

 

Je me demande encore comment il est parvenu jusqu’à nous…

 

Une petite faim ?…

 

Un peu plus tard, un passager à l’avant du bus se lève et crie quelque chose dans le bus. Un peu choqué et n’y comprenant rien, je suis également surpris lorsqu’une dame assise devant moi lève la main et fais de grands signes dans le genre « donne-moi ça !! ». Visiblement, il se trouve que l’homme à l’avant du bus possède un bout de sandwich, qu’il n’a plus faim et qu’il demande qui voudrait bien l’en débarrasser. Le couloir étant toujours bouché, nous assistons donc à un joli travail à la chaîne qui permettra à la dame de déguster son cadeau.

 

… Ou une petite soif ?

 

Je suis encore abasourdi par cet épisode, qu’une autre scène surréaliste va se dérouler sous nos yeux à peine quelques instants après. Nous longeons un petit marché lorsque le bus s’arrête soudainement. Le chauffeur se lève et crie quelque chose à l’assemblée. Plusieurs voix s’élèvent et je suis, encore une fois, complètement dépassé par les événements. Je suis étonné de voir qu’il se dirige vers une commerçante qui semble vendre de gros bidons qui se rapprochent des bidons d’huile à frire de 5l que l’on trouve par chez nous. Le chauffeur prend une de ces bouteilles, la ramène dans le bus et la fait parvenir, toujours par l’intermédiaire des gens assis dans le couloir, à l’un des passager. En retour, celui-ci fera transmettre de l’argent au chauffeur via le même moyen. En tout ce seront 3 passagers qui auront pu s’acheter des réserves de ce qui semble finalement être de l’eau. Du moins je l’espère pour eux…

 

L'un des acheteurs reçoit son eau et s'apprête à payer
L’un des acheteurs reçoit son eau et s’apprête à payer

 

Moi qui ai appris à l’école que le toyotisme n’a jamais su intégrer le travail à la chaîne dans son processus de production, j’ai l’impression que les vietnamiens sont, au contraire de leurs homologues japonais, très bons dans ce domaine !

 

Bon, mis à part ces événements nous avons également pu vérifier que la légende qui prétend que les vietnamiens ont un peu de mal avec les trajets en bus est totalement vraie. Presque chaque siège est pourvu d’un petit sac bleu qui n’est pas destiné à accueillir les aliments du supermarché – du moins pas avant un certain processus de digestion humain. Nous avons nous même vus/entendus que deux de ces sacs au moins ont rempli leur fonction (dont celui de la dame qui a hérité du sandwich).

 

Sinon, ce trajet de bus était également sympathique car nous y avons aperçu nos premières rizières.

 

A bientôt !
Rebecca l’expatriée

Rebecca l’expatriée

Pour inaugurer ce premier Weekly Guest du blog, nous avons choisi de vous parler de Rebecca, une canadienne de 28 ans qui s’est installée au Viêt Nam voilà une année.Nous l’avons croisée une première fois à l’entrée de la forêt primitive (c’est ainsi que les vietnamiens l’appellent) au centre du parc national de Cat Ba. À ce moment là nous venions à peine de débuter notre ascension vers le sommet de la montagne (si vous êtes habitué aux montagnes, comprenez plutôt « colline »…) qu’elle nous a dépassés à vive allure, marchant d’un pas sûr et rapide là où nous avancions plutôt timidement et sans savoir dans quoi nous nous lancions vraiment. 

Il s’agissait là de notre première marche du voyage (mais certainement une des plus éprouvante de notre vie !) et nous avons été étonnés de voir une jeune femme se lancer seule dans ce genre d’aventure. Respect à elle. Nous l’avons cependant très vite perdue de vue, tant son rythme était plus élevé que le notre.

 

Environ une heure plus tard, nous arrivâmes enfin à une petite construction en bois qui déterminait le « sommet » de notre ascension (la vraie cime se trouvait en réalité encore un peu plus haut) et c’est en y grimpant que nous l’avons trouvée, là, assise les jambes balançant dans le vide, à contempler la magnifique vue qui s’offrait à elle tout en sirotant une canette d’Export 333 (bon choix, il s’agit jusque là de la meilleure bière vietnamienne à mon goût !).

 

L’image était belle et je dois dire que nous avions tout d’abord un peu honte de perturber cette tranquillité avec laquelle elle semblait si complice… Les langues se sont pourtant très vite déliées, elle avec son anglais parfait et nous avec le notre, un tantinet moins bon.

 

Cette amoureuse de l’Asie a donc quitté son pays pour venir s’installer au Viêt Nam, tout d’abord quelques temps à Hanoi et dorénavant à Haiphong depuis 8 mois. Son travail de professeure d’anglais lui permet d’avoir un job dans c pays, alors même qu’elle ne connaissait rien à la langue en arrivant. Aujourd’hui, elle a déjà quelques notions, elle peut suivre une discussion mais le vietnamien est une langue bien trop compliquée pour lui permettre de la maîtriser en à peine une année.

 

Ayant déjà fait un voyage en Asie du Sud Est, et voyant les choses un peu comme nous (please not too much touristy !) elle a pu nous transmettre tout un tas de bons plans, que ce soit au Viêt Nam ou ailleurs.

 

Après cet agréable moment de discussion perché dans les arbres, nous décidâmes d’entreprendre la dernière et ultime ascension tout en la laissant finir sa boisson et en la remerciant chaleureusement pour tous les conseils si gentiment transmis.

 

Bonne suite Rebecca !

Le contenu de nos sacs

Le contenu de nos sacs

Voilà un article que je voulais rédiger depuis bien longtemps !

 

Avec Clémentine, nous avons donc chacun quitté notre travail il y a de cela presque un mois pour nous consacrer corps et âme à la préparation de notre future expédition (bah oui, faut bien donner une petite dimension épique à la longue phase pré-voyage !). Pour beaucoup, un mois de congé cela peut sembler énorme mais je peux vous assurer que nous ne nous sommes pas ennuyés un seul jour depuis cette date. Entre le temps passé à préparer un peu l’itinéraire de chaque pays, faire nos derniers achats (entre électronique, gadgets et médicaments, l’addition monte rapidement), souffrir le martyr lors de rendez-vous vaccins ou régler les derniers points administratifs (assurances, papiers, visas), le temps passe plus vite qu’on ne le pense !

 

 

Bon d’accord on va arrêter de se mentir, nous n’avons pas non plus alloué chaque minute de ce mois de mars à la préparation de notre voyage… Des grasses matinées au point de penser que se lever à 9h c’est tôt ; des visites d’adieux bien sûr, à la famille et aux amis pour des au revoir toujours plus déchirants les uns que les autres (…) ; mais aussi du sport quotidien (et pas seulement pour s’entraîner à porter nos sacs à dos !), des gros travaux/rangements qui attendaient depuis longtemps et toute autre activité de vrai vacancier (et ça, avec le soleil de ces dernières semaines, c’était top).

 

En somme, un quotidien bien chargé et qui fait du bien !

 

Mais toutes les bonnes choses ont une fin… et parfois la suite est encore meilleure ! Dans moins 48 heures, nous serons à l’aéroport de Zürich et nous verrons – enfin – le fameux Airbus A380 qui nous accueillera à son bord. Dans moins 24heures, nous quitterons nos maisons de toujours et ferons nos adieux à nos soeurs, frères et parents. Nous irons passer notre dernière nuit helvétique chez des amis non loin de Zürich histoire de s’approcher un peu de notre lieu de départ – d’avance merci à eux de nous accueillir et d’écourter notre si long trajet jusqu’à Hanoi :D!

 

Mais bref, tout ce blabla n’est pas la raison pour laquelle je voulais rédiger cet article. Comme beaucoup de blogs voyage, nous aussi nous tenions à partager avec vous, lecteurs, les affaires qui nous permettront de survivre durant les mois à venir.

 

Nous avons décidé de prendre trois catégories d’affaires différentes. En premier lieu, nous vous parlerons de tout ce qui touche à l’électronique. Nous aimons être connectés et je crois que vous pourrez le constater en voyant tout ce que nous comptons emporter avec nous… Ensuite, nous vous exposerons toutes nos affaires de type « utilitaire » et nous finirons par détailler les habits que nous emportons.

 


 

  • L’électronique

Photos affaires1 – Une GoPro Hero3 Black et quelques accessoires

  • Un serre-tête
  • Une perche télescopique
  • Un harnais de poitrine
  • Un flotteur

2 – Une SurfacePro pour Sacha

3 – Un chronomètre (initialement nous pensions tenir une rubrique avec tout un tas de statistiques sérieuses ou loufoques mais cette idée ne verra peut-être pas le jour… Mais bon, un chrono ça peut toujours servir.)

4 – Un podomètre, également pour les statistiques (sauf que cette stat reste bien plus facile à tenir à jour !)

5 – Un Lenovo Yoga 2 pour Clémentine

6 – Un adaptateur (il y en aura un 2ème)

7 – Une multiprise

8 – Notre appareil photo Samsung NX300 avec les 2 objectifs suivants

  • 18-55 mm
  • 50-200 mm

9 – Une batterie externe Mr Handsfree de 15’600 mAh pouvant charger 2 appareils simultanément

10 – Une 2ème batterie externe, plus petite et avec une capacité de 5’200 mAh

11 – Un iPad

12 – Un clavier Logitech Bluetooth pour l’iPad

13 – Un Kindle

14 – Une imprimante portable sans encre qui nous permettra de tenir un petit journal de bord écrit à la main

15 – Un disque dur externe

 

Sur la photo il manque encore un trépied, prêté par mon père, grand amateur de photo, que nous n’avions pas encore en notre possession au moment de faire ces clichés. Certains diront (à raison) que tout ce matériel ça fait beaucoup mais nous sommes bien conscients que certains gadgets peuvent paraître superflus (le clavier pour l’iPad, l’imprimante, deux batteries externes…). C’est juste qu’on aime ça, les gadgets 🙂

A noter que nous emportons un ordinateur chacun car nous comptons alimenter le blog. Sans cela, un seul, ou même l’iPad, aurait largement été suffisant. De plus, la SurfacePro est également un prêt de mon papa et n’était absolument pas prévue au départ, ce qui explique le clavier Bluetooth et dans une moindre mesure l’iPad qui devaient me servir d’outils pour écrire sur le blog. Dès lors, ces deux objets paraissent presque obsolètes.

 


 

  • Utilitaires

Photos affaires2

A – 2 x sacs de couchage / Avec un côté droit et un gauche pour les fixer entre eux. De cette manière on pourra se tenir chaud en cas de grand froid imprévu !

B – 2 x housses de sac à dos / Pour protéger nos beaux sacs lors de transports en soute que ce soit en avion ou en bus. Peut également servir de fourre-tout

C – Un petit sac à dos pliable très pratique et facile à ranger

D – Un coussin rembourré pou Sacha. Prend de la place mais multi-usage et très confortable

E – Un coussin gonflable pour Clémentine qui préférait avoir quelque chose de plus petit et qui soit plus un « vrai » coussin

F – 2 x bananes discrètes qui peuvent se porter sous un t-shirt

G – Trois paires de chaussures pour clémentine

  • Une paire de tongs
  • Une paire de chaussures légères Skechers
  • Une paire de chaussures de randonnée hautes et imperméables Quechua

H – 2 x serviettes en microfibres 75×150 cm

I – 2 x lavettes en microfibres 30×60 cm

J – Un sac pliable d’une capacité de 25 litres, parfait pour emporter avec soi dans l’avion. Nous en avons même acheté deux mais un seul suffira

K – Une gourde avec filtre en cas d’urgence si nous devons vraiment boire de l’eau naturelle sans pouvoir la chauffer au préalable. Nous n’avons pas testé son efficacité mais bon, une gourde ça peut toujours être utile !

L – Un autre coussin gonflable pour Clémentine, celui-ci pour soulager la nuque lors de longs voyages en avion ou bus

M – Deux petits porte-monnaies bien pratiques sans pour autant être spéciaux

N – Un porte-documents pour nos billets d’avion, passeports ou autres

O – Deux paires de chaussures pour Sacha – vous excuserez l’absence de tongs oubliées chez moi lorsque nous avons fait les photos chez Clémentine…

  • Une paire de chaussures de randonnée basses et imperméables Quechua
  • Une paire de chaussures légères Adidas

P – 2 x casquettes fine et légère

Q – 2 x lampes frontale

R – 6 mètres de corde à linge pour faire sécher nos vêtements

S – Un masque pour faire croire à nos yeux qu’il est 3h du matin

T – 2 x couteaux suisses, tellement utiles et obligatoires pour afficher aux yeux de tous ce fleuron de notre nation

U – Deux gadgets bien sympa pour accentuer l’esprit Wildlife de notre aventure (vous allez finir par y croire !)

  • Un petit bloc de silex pour permettre de démarrer un feu en milieu hostile
  • Un sifflet ultra-puissant pour faire fuir d’éventuels agresseurs

V – 2 x petits cadenas pour décourager les voleurs amateurs d’accéder à notre précieux chargement

 


 

  • Les habits (pas de photo ici, non pas que nous ayons honte de vous montrer nos sous-vêtements mais nous avons simplement jugé qu’une photo n’apporterait rien à une liste détaillée)
    • 4-5 t-shirts/marcels/tops
    • 5 paires de chaussettes
    • 5 sous-vêtements
    • 2 pantalons (dont 1 qui peut se raccourcir en short)
    • 1 short (2 avec celui du pantalon)
    • 1 maillot de bain
    • Une robe pour Clémentine
    • Une chemise pour Sacha
    • Un pull
    • Un ciré

 

Et voilà, notre dernier article sur les préparatifs touche à sa fin… Dès demain nous pourrons enfin commencer à alimenter la partie Voyages de ce blog :D.

Pour l’heure, il est temps pour nous de vivre notre dernière journée chez nous et de dire au revoir à chaque personne, animal, plante ou meuble du cocon familial !

 

A très vite !

L’élu des sacs à dos

L’élu des sacs à dos

Avant de fouler les terres asiatiques, avant de partir à l’exploration du sol australien, avant toute cette aventure de 7 mois loin de chez nous, un tout autre défi, totalement nouveau pour nous, se dressait devant notre route : mettre l’entièreté de nos affaires dans un sac à dos.

 

Car initialement, nous envisagions de partir avec une valise chacun en plus de notre bagage à main respectif. En mode touriste classique. Pour marcher à l’autre bout du monde durant plusieurs mois.

 

Puis, on nous a gentiment expliqué à l’unanimité qu’il s’agissait là d’une énorme bêtise. Et nous en avons pris conscience assez rapidement. Chaque recoin de chaque pays asiatique n’étant pas forcément jonché de belles routes goudronnées comme nous avons l’habitude d’en voir par chez nous et, en Australie, nous avons eu vent que certaines régions à explorer n’étaient même pas dotées de route.

 

Bref, du coup, sac à dos.

 

Dès cette décision prise, nous avons pu faire une croix sur le shopping à gogo dans ces paradis de l’achat à bas prix que sont le Viêt Nam, la Thaïlande… Exit également les valises débordants de vêtements ou chaussures que nous n’aurions portés qu’une fois. Et que dire des produits de beauté, maquillage et autres vernis ? Imaginez un peu le choc émotionnel pour Clémentine lorsqu’elle a pris conscience qu’elle ne pourra pas emporter ses vingt-trois robes de soirée ou ses douze paires de chaussures à talon, ou encore que la trousse de toilette qu’elle emportera avec elle sera – au minimum – trois à quatre fois plus petite que ce qu’elle avait l’habitude d’emporter.

 

Bon, pour être honnête, je profite de ce bon vieux cliché de la femme féminine dépourvue de tous ses accessoires mais je suis moi-même tout autant touché que Clémentine par ces restrictions « bagageaires ». 🙂

 

Donc voilà où nous en étions : il nous fallait des sacs à dos. Et des gros. Et des bons ! Ici en Suisse, le sac que je voulais coûte 340 francs suisses (ce qui correspond depuis peu à environ 340 euros). C’est à ce moment là que la maman de Clémentine a eu l’excellente idée (ndlr : non, ceci n’est pas une tentative de gagner des points auprès de ma belle-mère) de nous suggérer de nous rendre dans un Decathlon de France voisine.

 

Dès le weekend arrivé, nous sommes donc partis en escapade en direction du Decathlon le plus proche de chez nous. Je vous disais plus haut que le sac que je désirais acheter en Suisse, un Deuter, coûte chez nous la modique somme de 340 euros. Chez Decathlon, le modèle équivalent de Quechua est vendu près de trois fois moins cher !

 

Nous avons donc acheté deux Quechua Symbium Access 70+10l pour 120 euros l’unité. Ils sont énormes. Le plus gros modèle du magasin en fait. Ils seront donc lourds et peu pratiques comparé à d’autres sacs. Les PVTistes qui liront ces lignes sauteront probablement au plafond mais, pour nous qui avons toujours voyagé munis de nos grosses valises, nous pensons qu’ils feront très bien l’affaire.

 

Bon, il faut avouer que nous avons également profité de cette petite virée au Decathlon du coin pour faire le plein de petites broutilles super utiles. Partis à la base pour acheter seulement 2 sac à dos, nous nous sommes finalement arrêtés un peu partout dans le magasin pour prendre divers pulls, gants, sacs de couchage, et tout plein d’autres babioles ! Montant de la note finale : 450 euros. Pour des produits de marque (Decathlon étant un peu la Mecque de Quechua), nous nous en tirons à très bon prix ! Nous y retournerons d’ailleurs ces prochains jours pour compléter un peu notre package de voyage (il manque encore des chaussures, housses de sac à dos, chargeur externe, etc.).

 

Mais revenons-en au sac ! Celui-ci, en plus d’avoir une grande contenance et de proposer un prix très attractif, possède bien évidemment d’autres atouts qui nous ont poussé à l’acheter.

  • Tout d’abord, le confort. Parmi tous les sacs que nous avons essayé, c’est celui que nous préférions – aussi pour Clémentine malgré qu’il s’agisse d’un modèle pour hommes (le modèle identique pour femme lui convenait même moins)
  • La position et la stabilité du sac. Il nous paraissait incroyablement léger même lorsque nous l’avons lesté
  • L’accessibilité des différents compartiments et la séparation de ceux-ci
  • La housse de pluie intégrée au sac, très utile !
  • Le nombre de poches un peu partout, j’ai toujours adoré ça même si ça fait un peu gadget
  • Le fait de pouvoir « ramener » une partie du sac à l’avant (voir photos ci-dessous), ce qui permet de mieux répartir la charge et d’avoir un accès très rapide à certaines choses
  • Le « + 10l » qui permet, selon le point de vue, d’agrandir le sac ou au contraire le rendre plus petit
  • La marque Quechua qui donne tout de même une certaine garantie

Comme vous pouvez le voir, nous sommes pour l’instant très fiers de notre achat ! Les expériences à venir nous diront si nous avons eu raison ou si nous nous sommes royalement plantés 🙂

 

À très vite