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Catégorie : Cambodge

Siem Reap

Siem Reap

Hanoi bof bof, Ho Chi Minh pas mal mais pas trop eu le temps de visiter, les deux principales villes du Viêt Nam ne resteront définitivement pas comme les moments les plus mémorables de notre voyage. En revanche, nous avons bien aimé Phnom Penh… et voilà que Siem Reap s’est révélée encore au-dessus ! Au Cambodge, nous n’aurons quasiment rien vu d’autre que ses deux plus grandes villes mais celles-ci se sont au moins largement révélées à la hauteur.

 

Rejoindre Siem Reap depuis Phnom Penh

 

Bus. Désolé de ne pas être original, mais comme toujours depuis le début de notre voyage, voici comment nous nous sommes déplacés (et c’est pas fini !). Après avoir dû payer un petit supplément (période de nouvel an oblige…), nous voilà à nouveau sur les routes pour la journée. Toute la journée. Départ à 9h, le bus est censé mettre entre 6 et 7h pour rallier Siem Reap. Dave, le gérant de l’hôtel à Siem Reap que nous avions cette fois réservé à l’avance (obligatoire en période de nouvel an !!) nous a gentiment informé qu’un Tuktuk nous attendrait à l’arrêt du bus pour nous déposer gratuitement à l’hôtel. Nous devions arriver entre 15 et 16h ; prévoyant et sachant qu’il y avait très peu de chances que nous arrivions à l’heure, je lui ai demandé que le chauffeur de tuktuk soit là à partir de 16h30. Précaution inutile, puisque le pauvre chauffeur devra quand même patienter durant 2h à la station de bus…

 

Non non non, pas de bouchons en cause cette fois-ci. Pas de départ en retard non plus. Simplement un gros « PAN » qui fit sursauter tout le monde dans le bus à une cinquantaine de km de Siem Reap. L’un des pneus arrière a explosé. Ce fut une sympathique expérience que de voir comment notre chauffeur s’est débrouillé pour trouver une roue de secours (évidemment il n’y en avait pas dans le bus) puis de le voir lui et son acolyte tenter de changer cette roue avec les pauvres moyens du bord. Je ne saurai exactement dire si leur manière de faire relevait d’un amateurisme profond ou d’un savoir-faire des plus artistiques mais une chose est certaine, il n’y avait là rien de conventionnel !

 

roue

 

Où dormir à Siem Reap ?

 

Lorsqu’il s’agit de choisir son logement ici, deux choix principaux s’offrent aux visiteurs : la rue touristique, si bien nommée « Pub Street », ou la proximité des temples d’Angkor. Évidemment, ce sont les deux options les plus chères donc à éviter pour les petits budgets.

 

Dans le dernier article je vous disais que nous avions eu toutes les peines du monde à trouver un ticket de bus car ceux-ci étaient tous pleins à cause du nouvel an, mais je ne vous ai pas parlé de l’hôtel. C’est simple, là encore nous n’en avons trouvé qu’un seul qui proposait un prix raisonnable pour un minimum de confort : le « Angkor Tropical Resort » pour une nuit à 15$. C’est un hôtel localisé un peu en dehors de la ville (c’est d’ailleurs là son gros point faible car il n’y a aucun moyen d’aller en ville excepté le tuktuk et à coup de 3$ par trajet ça devient vite cher !). En revanche, cet emplacement a l’avantage d’être au milieu d’habitations locales et permet d’avoir un bon aperçu du train de vie d’une famille cambodgienne. Il est aussi situé à moins de cinq minutes à pied d’un marché local (Phsa Leu) dont l’authenticité est intacte : pas un seul touriste à l’horizon, des prix dérisoires, des bêtes mortes exposées sans tabou, d’autres encore vivantes, des ruelles étroites mais qui n’empêchent pas piétons et scooters de cohabiter… Bref, tout ce qui fait le charme d’un marché asiatique ! Sinon l’hôtel est très bien, pas bien grand et situé dans un petit jardin tropical avec des chambres spacieuses qui mettent même une petite cuisine avec kitchenette à disposition. Nous y aurons séjourné durant 3 nuits, avant de nous diriger vers un autre établissement plus proche du centre.

 

Ce deuxième hôtel est tenu par un cambodgien qui a passé près de 30 ans en France et qui parle donc couramment le français. En hommage à ses années dans l’Hexagone, il a très sobrement nommé son établissement « Les Parigots ». A une dizaine de minutes à pied du centre-ville, l’emplacement de cet hôtel n’est certes pas parfait mais déjà bien meilleur que le précédent ! En période de fêtes et à ce prix-là, 15$ encore une fois, nous ne pouvions rêver mieux. De plus, la possibilité de louer des vélos à 1$ la journée au sein même de l’hôtel simplifie grandement les déplacements, tant dans la ville qu’en dehors.

 

Où manger à Siem Reap ?

 

Ou plûtot « où ne pas manger ? ». Évitez absolument Pub Street. Naturellement, les prix sont déjà gonflés à bloc par l’emplacement de ces restos, mais en plus la nourriture y est souvent moins bonne. Nous avons testé une fois juste pour l’ambiance de la rue (qui est quand même assez extraordinaire – j’y reviendrai plus bas) et effectivement, ce fut notre repas le plus décevant en plus d’être le deuxième plus cher de tout notre voyage. On mange déjà bien mieux et moins cher dans les restaurants qui sont situés dans les rues parallèles ou perpendiculaires, surtout le long de la route. Ils se succèdent presque l’un après l’autre et on n’a que l’embarras du choix ! Western Food ou un petit Amok dans un restaurant de rue local, on trouve de tout sur cette route.

 

Que peut-on y faire ?

 

Siem Reap est mondialement connue pour la beauté des temples d’Angkor qui se trouvent à quelques km de la ville. C’est bien évidemment LE truc à ne pas manquer dans cette ville, mais celle-ci offre aussi plein d’autres opportunités : tours à vélo en dehors de la ville, visite du lac Tonlé Sap et de ses villages flottants, musées, marchés… Sans compter que nous y étions pendant le nouvel an Khmer, donc fête à n’en pas finir !

 

Nous pensions initialement rester environ 5 jours dans cette ville, pour faire un peu toutes les activités énumérées ci-dessus en plus des 3 jours à Angkor. Finalement, nous y sommes restés 7 jours. Et nous n’avons presque rien fait de tout cela. Clémentine étant tombée malade par deux fois, nous nous sommes contentés de voir la ville et les temples. Un peu dommage pour le lac et ses villages qui sont sûrement des must see, mais rien d’insurmontable à part ça !

 

L’incontournable Pub Street

 

Lorsque nous nous sommes rendus au centre-ville pour la première fois, nous avons tout d’abord trouvé très sympa tout ce monde qui se pavanait dans les rues en début de soirée. Puis on a vu un grand écriteau lumineux qui indiquait la direction de la fameuse « Pub Street » et nous nous y sommes dirigés… Nous avons découvert une rue lumineuse où les restaurants et bars se succèdent dans un décor somme toute très sympa. Sauf qu’il y avait du monde. BEAUCOUP de monde. Jamais je n’ai vu ça. La rue n’est pas bien longue, et au carrefour opposé était montée une scène sur laquelle la Nicki Minaj locale et son groupe de danseuses se produisaient. Devant la scène, la foule. Jusqu’à l’autre côté de la rue, où nous nous trouvions. C’était littéralement impossible d’accéder aux restaurants de la rue tellement il y avait de monde en ce premier soir de nouvel an !

 

Pub street

 

On y aura fait 5 minutes avant d’aller voir ailleurs. C’était juste « too much ». L’ambiance était chouette, mais nous étions morts de faim et là, pas possible de manger. En revanche, nous aurons pu vérifier quelques jours plus tard que cette rue reste très agréable en dehors des jours de fête, bien que toujours très largement fréquentée par les touristes tout au long de l’année.

 

Le marché de Phsa Leu et les contours de la ville

 

Dans le centre-ville de Siem Reap, nous avons eu à faire à la plus grande concentration de touristes depuis le début de notre voyage. Mais dès qu’on sort un peu des quartiers qui entourent Pub Street, on se retrouve rapidement immergé dans la vie quotidienne des locaux. Ainsi, notre premier hôtel était situé au milieu d’un quartier d’habitations et l’on pouvait vraiment se rendre compte du train de vie des locaux à peine sortis de l’hôtel. Au bord de la grande route, les petites gargotes se suivent et les cambodgiens semblent se réunir ici en masse autour d’un bon poulet grillé, pour jouer ou simplement parler.

 

Joueurs cartes marché

 

Lorsque Clémentine s’est sentie affaiblie pour la première fois, je l’ai lâchement abandonnée durant quelques heures pour faire un petit tour de ce quartier et me promener dans le marché qui s’y trouvait. C’est durant cette petite escapade en solitaire que j’ai pu jouer ou essayer de communiquer avec plusieurs groupes d’enfants, un grand moment pour moi ! Le marché de Phsa Leu n’a rien du piège à touriste et il n’y aucune chance pour trouver ici des iPhone 6 (qu’ils soient fake ou pas) ou des « selfie-sticks » à prix cassés. Du poulet, du cochon, du poisson… exposés à la fois vivants et morts. Rajoutons encore des légumes et quelques stands d’habits. Du coup, je n’ai rien acheté, mais j’ai adoré me promener dans cette petite rue étroite et simplement contempler cette scène du marché asiatique typique.

 

Marché Psah lah

 

Visiter les temples d’Angkor

 

Ah ben oui, obligé ! Tout comme personne ne va à Paris pour la première fois sans voir la tour Eiffel ou à Denens (là où j’habite) sans voir les épouvantails (…), les temples d’Angkor sont LE must-see ultime de Siem Reap et même de tout le Cambodge. Mais puisque c’est extrêmement grand et que nous y avons consacré 3 jours, le récit de notre visite là-bas sera rédigé dans un prochain article 🙂

 

Voilà en gros ce que nous avons vu de Siem Reap. Comme je le disais auparavant, il existe bien d’autres activités à faire ici mais voilà, faute de circonstances à notre avantage ce sera sans nous pour cette fois. Tant pis, on a quand même bien profité de notre petit séjour 🙂

 

Prix et infos pratiques

 

Hôtels

Angkor Tropical Resort : 15$

Les Parigots : 15$

 

Transports

Bus de Phnom Penh à Siem Reap pour 2 : 24$

 

 

 

Phnom Penh et notre arrivée au Cambodge

Phnom Penh et notre arrivée au Cambodge

Avant-propos : Prix et infos pratiques

 

Hôtels

Angel Guesthouse : 12$ la nuit mais négociée à 10$

 

Transports

Bus de Ho Chi Minh à Phnom Penh pour 2 : 420’000 dongs / environ 18 euros

Tuk tuk pour la journée : 20$

 

Activités

Palais royal : 6,50$ l’entrée

Prison Tuol Seng : 3$ l’entrée

Killing Fields : 6$ l’entrée

 

Divers

Visa : 35$

 

Info importante : La monnaie courante au Cambodge est le dollar américain !

 

Deux semaines et demies au Viêt Nam et nous voilà déjà en partance pour la destination suivante : le Cambodge. C’est un pays dont nous n’avions que très peu entendu parler avant de prévoir ce voyage, si bien que nous pensions trouver une civilisation encore très peu développée (ahh les préjugés…). A dire vrai, nous ignorions même que Phnom Penh en était la capitale. Nous n’aurions pas non plus osé affirmer avec certitude que c’est ce pays qui abrite les magnifiques temples d’Angkor. De plus, bien que nous ayons déjà entendu parler des Khmers rouges, aucune chance pour que nous sachions qui ils étaient vraiment et ce qu’ils ont fait.

 

Le fait est que le Cambodge est un pays dont nous n’entendons pas beaucoup parler en Europe, les touristes préférant bien souvent les plages thaïlandaises ou les sites touristiques vietnamiens. Pourtant, nous savons désormais que le Cambodge n’a pas grand-chose à envier à ses deux voisins…

 

De même, le passé récent de ce pays est une thématique qui n’est pas du tout abordée à l’école en Suisse (ou alors aurions-nous séché ces cours ?!). Avant de nous renseigner un peu sur le pays, nous étions à mille lieues d’imaginer que les cambodgiens ont été témoins de l’un des plus affreux génocides de l’histoire, et ce il y a tout juste quelques décennies.

 

Bref, nous aurons donc découvert et appris des tonnes de choses, pas toujours joyeuses mais tellement enrichissantes, durant notre passage définitivement trop court au Cambodge ! C’est parti pour voir en détail la première partie de notre séjour 🙂

 

Départ du Viêt Nam, passage de frontière et arrivée à Phnom Penh

 

Le bus nous a semblé être le meilleur moyen pour rejoindre Phnom Penh depuis Ho Chi Minh Ville. Peu cher et trajet presque deux fois moins long que nos précédents trajets en bus, il y a en revanche la contrainte de ne pas avoir de bus de nuit, et donc de perdre pratiquement une journée sur la route.

 

Dans le bus, nous faisons la connaissance de Van, un artiste vietnamien, puis de sa copine Nguyen. Ce peintre de 21 ans, originaire de Ho Chi Minh Ville et qui vit de la revente de ses toiles et caricatures, s’offrait alors un petit weekend en amoureux à Phnom Penh tout comme nous, suisses, pourrions le faire avec Paris. Bref, Van m’aura surtout marqué par la réaction qu’il a eue en entendant ma réponse à l’une de ses questions : quel est notre budget quotidien ? Depuis le début de notre voyage asiatique, nous avions comme objectif de vivre avec des dépenses journalières de 40$ (à deux !) et c’est donc la réponse que je lui donne. Je m’attendais à ce qu’il soit surpris que deux européens dépensent si peu, et effectivement la surprise le gagna… mais dans l’autre sens ! Il avait l’air outré et tentait de nous expliquer qu’avec cette somme, nous pourrions vivre pendant 3 ou 4 jours ! Alors OK, je veux bien admettre que nous ne dormons pas dans les guesthouses les moins chères ou que nous ne mangeons pas tous les jours dans la rue mais quand même, moins de 13$ par jour à deux faut être sacrément fort (ou pas glouton… bref, pas nous) pour y arriver !

 

Durant ce trajet, nous aurons également l’occasion de vivre notre premier passage de frontière terrestre en Asie… et par la même occasion de comprendre en quoi les « frontières ouvertes » de l’espace Schengen sont vachement géniales ! Allez, commençons par les visas. 30$ par visa pour une durée de 30 jours, ce n’est pas excessif mais pour un budget journalier de 20$ ça fait tout de même un joli trou dans les dépenses… Ces petits tampons causeront ainsi notre première journée à plus de 100$ et psychologiquement c’était terrible ! Bon, faut aussi dire qu’on a un peu choisi la facilité sur ce coup-là, cédant au service que propose le chauffeur de bus en ce qui concerne le passage de la frontière – à savoir payer 5$ de plus par visa pour qu’il s’occupe de toutes les démarches administratives. Sans ça, nous n’aurions dépensé que 95$ sur la journée… Ô regrets !

 

Mais bon, au moins comme ça nous n’avons pas dû batailler fermement à la frontière pour obtenir nos visas, et à la place nous avons pu…. Nous ennuyer. Oui, car il n’y a strictement rien à faire à la frontière en fait. Il y a juste un bâtiment vide mis à part quelques chaises, deux petits guichets et un ou deux garde-frontières qui contrôlent les visas. Nous avions lu ci et là que le temps d’attente pouvait varier entre trente minutes et deux heures ; fort heureusement pour nous, ce ne sera qu’une petite demi-heure cette fois-ci ! Après ce petit laps de temps, le chauffeur revient et fait l’appel des passagers qui lui ont confié la tâche du visa. Il s’aide des passeports pour énoncer les noms des passagers et il faut donc être bien attentif sous peine de ne pas comprendre lorsqu’il vous appelle… J’ai par exemple eu un petit doute en entendant « Seitchei Kevin » mais non, c’était bien moi, Sacha Kevin Lienhard, qui devait me présenter. Notez qu’il n’aura pas eu le courage de prononcer mon nom de famille alors qu’il avait essayé avec Clémentine. (en même temps, même en français c’est pas facile je vous l’accorde… Lienard ? Linarte ?)

 

Bref, notre premier passage de frontière se sera finalement déroulé sans aucun accroc (contrairement aux suivants…) alors que nous avions pu lire à plusieurs endroits que c’était souvent une plaie de rentrer au Cambodge. On a eu de la chance ! 😀

 

Le temps de trajet entre Ho Chi Minh Ville et Phnom Penh est estimé entre 6 et 7 heures d’après les agences qui vendent les tickets. Alors forcément, on a bien retenu depuis le début de notre voyage que compter sur la ponctualité des bus est souvent une erreur (même si nous trouvons que le Viêt Nam fait plutôt figure de bon élève à ce niveau !), mais nous étions loin de nous attendre à ÇA. Notre bus était supposé arriver à Phnom Penh vers 15h30, et malgré un départ plus tardif que prévu, ça ne semblait pas trop mal se dérouler… jusqu’à ce qu’on approche de Phnom Penh ! Honnêtement, je n’ai jamais vu une telle circulation. Nous n’avancions simplement plus, progressant trèèès lentement, mètre après mètre, dans cet enfer de circulation cambodgienne. En fait, ce qui m’a le plus étonné c’était le nombre de voitures qui venaient en sens inverse, donc qui quittaient la ville. Vu l’heure – vers 16h30 – j’ai d’abord cru que ce trafic était causé par la fin d’une journée de travail, lorsque tout le monde rentre à la maison. Mais en voyant tous ces scooters surchargés de 3,4 ou 5 personnes et surtout tous ces pick-up chargés de monde (il devait y avoir plus de 15 personnes par pick-up !) et, pire encore, ces minibus pleins (mais PLEINS) à craquer, je me suis dit qu’il devait y avoir une autre raison… dans mon imaginaire fantastique, j’ai même commencé à imaginer qu’un gaz toxique s’était répandu en ville, causant la fuite de toute sa population…

 

Overcrowded bus

 

Bon, en fait il s’avère que l’explication était beaucoup plus simple et logique… Après être arrivé avec plus de 3h de retard, le chauffeur de tuktuk qui nous déposa en ville nous informa que le nouvel an Khmer serait dans 3 jours, et le proprio de la guesthouse où nous avons séjourné  nous expliqua ensuite que la majorité des cambodgiens de Phom Penh rendent visite à leur famille en province durant cette période. Nous apprenons donc avec étonnement que Phnom Penh, pourtant capitale du pays, ne fait rien d’extraordinaire pour la nouvelle année et que le gros de la fête se fait dans l’autre grande ville du pays, Siem Reap. Bah voilà, tant pis, faudra partir après seulement 2 jours dans la capitale !

 

Phnom Penh

 

De manière générale, ce fut une ville que nous avons bien appréciée et dans laquelle nous aurions certainement pu rester plus longtemps. Vu le faible temps dont nous disposions, nous nous sommes surtout focalisés sur les incontournables de la ville, mais nul doute qu’elle a encore bien d’autres choses à offrir !

 

Où dormir à Phnom Penh

 

Nous avions fait nos petites recherches d’hôtels avant d’arriver en ville, histoire d’avoir quelques établissements à visiter en débarquant. Le quartier situé au Nord du Palais Royal contient quelques guesthouses et hôtels vraiment pas chers et il est très proche des principaux centres d’intérêt de la ville. Notre sympathique chauffeur de tuktuk (obligatoire car l’arrêt de bus est vraiment excentré) nous déposera dans la 172 Street, devant la guesthouse de l’un de ses amis : Angel Guesthouse. Nous ne l’avons pas trouvée sur Internet mais nous y avons obtenu une chambre propre avec climatisation pour 12$ et même 10$ la troisième nuit (hum, faut dire que nous l’avons quand même menacé d’aller chez un concurrent qui a essayé de nous aguicher pour ce prix-là !). Le proprio, jeune de 30 ans, est super sympa et tient l’enseigne tout seul en compagnie de sa femme et ses enfants en bas âge. Il essayera bien sûr de vendre des tickets pour les fameux Killing Fields, de vous convaincre d’aller au stand de tir pour essayer de véritables armes qui ont servi pendant les massacres (…) ou encore de vous vendre des tickets de bus pour la suite de votre voyage et risque d’être relativement déçu s’il apprend que vous êtes passés par un autre revendeur. Bref, l’établissement est super bien situé, dans une rue bien animée qui contient toute une ribambelle de restaurants qui offrent certes tous les mêmes plats aux mêmes prix mais qui ont l’avantage d’être beaucoup moins chers que leurs concurrents situés quelques dizaines/centaines de mètres plus loin au bord du fleuve. On y mange pour environ 10$ à deux, boissons comprises.

 

Où manger ?

 

Dans et autour de cette rue (mais pas dans la direction du fleuve !), à Central Market ou encore mieux au marché de nuit. Il n’y a pas vraiment de petits stands de nourriture comme à Hanoi, Siem Reap ou Bangkok mais on mange de la très bonne nourriture de rue dans ces marchés. Tous ces endroits sont très facilement accessibles à pied depuis la 172 Street.

 

Marché

 

Que faire dans la capitale ?

 

Le Palais Royal

 

Proche du fleuve, le Palais Royal est en fait une enceinte qui abrite un ensemble de bâtisses dont certaines valent largement le coup d’œil, et d’autres moins. On est d’abord amené à suivre un petit chemin bordé de statues somme toute assez rigolotes, puis on se retrouve dans ce qui ressemble à une grande cour aménagée de temples, statues et autres constructions. Pour nous qui ne sommes pas forcément de grands experts en art, religion ou architecture, nous avons tout de même pris du plaisir durant cette visite qui nous fait découvrir certains monuments importants du Cambodge comme par exemple le Buddha d’Emeraude, bien que celui-ci soit bien moins impressionnant que sa légende laisse penser.

 

Palais royal

 

Les « Killing Fields »

 

Le Cambodge a vécu il y a à peine une quarantaine d’année la période la plus sombre de son histoire. Les Khmers Rouges sont connus à travers le monde entier pour les atrocités qu’ils ont faites subir à leur propre peuple mais pour bien des gens, tels que Clémentine et moi avant notre séjour dans ce pays, les détails de leur histoire sont pourtant méconnus. Prise de pouvoir par la force et génocide d’une grande proportion de la population sont des horreurs que le Cambodge a dû affronter récemment et, même aujourd’hui, la majorité des cambodgiens sont encore touchés, d’une manière ou d’une autre, par ce qui s’est passé à cette époque. Cela n’empêche pas que les sites d’emprisonnement, de tortures et de mise à mort sont de nos jours devenues des attractions touristiques à plein temps.

 

Les fameux « Killing Fields », qui tiennent cette nomination d’un film hollywoodien du même nom mais originalement appelé « Choeung Ek », font partie de ces lieux. Situés à une trentaine de minutes en tuktuk de Phnom Penh, ils font d’ailleurs partie, avec la prison Tuol Sleng dont nous parlerons plus tard, des plus connus de ces sites. Les prisonniers destinés à mourir (pour des crimes pas franchement valables comme, par exemple, le port de lunettes de soleil…) étaient amenés ici par milliers puis tués de façon extrêmement barbare. Bref, je pourrais consacrer un article entier à ce sujet, à relater en détail tout ce que j’ai appris durant cette visite mais là n’est pas le but. La visite se fait à l’aide d’un audioguide – disponible en français ! – qui guide les visiteurs en suivant un itinéraire déterminé marqué de « postes » numérotés. Chaque poste correspond à une partie de l’histoire contée parStupa l’audioguide et, bien qu’habituellement pas franchement persuadé par ce genre de méthode, je dois avouer que le tout est extrêmement bien ficelé et intéressant. Le silence règne dans le camp, chacun est dans son coin et écoute, ébahi, ce que l’audioguide lui raconte. La visite est marquante et parfois même choquante puisqu’aujourd’hui encore on peut apercevoir, après de grandes pluies, des ossements de victimes qui remontent à la surface des innombrables fosses communes qui jonchent le terrain au milieu duquel la visite a lieu. Les crânes de toutes les victimes retrouvées sont d’ailleurs sauvegardés dans une grande « stupa » au centre du camp, accessible à tous.

 

 

Nous y avons passé plus de deux heures. Nous ne pouvons pas dire que la visite nous a plu, car on ne prend aucun plaisir au cours d’un tel parcours. C’est un spectacle ahurissant qui s’offre aux curieux durant toute la visite. On y apprend des choses inouïes, on y vit des moments de profonde tristesse et compassion, des moments d’incompréhension pour toutes ces horreurs… C’est une expérience de laquelle on ne sort pas indifférent. A voir absolument mais attention aux âmes sensibles.

 

La prison Tuol Sleng

 

Elle se combine bien souvent à la visite des Killing Fields et c’est d’ailleurs ce que nous avons fait. Le proprio de la Guesthouse nous a assuré que ce musée ferme à 18h, ce que le chauffeur de tuktuk a confirmé mais il n’en est rien : fermeture à 17h. C’était un peu juste pour nous car nous y sommes arrivés à 16h30 et, bien qu’on ait débordé un peu après 17h, nous n’avons de loin pas eu le temps de visiter en profondeur toutes les salles que contient cette ancienne école, devenue prison du jour au lendemain et donc musée aujourd’hui.

 

La plupart des salles de classes, utilisées ensuite comme des cellules d’emprisonnement ou de torture, ont été transformées en lieu d’exposition où l’on peut lire des témoignages, des bouts d’histoire, voir les photos des prisonniers du camp ainsi que des outils de torture. D’autres salles ont été laissées intactes, permettant au visiteur de se rendre compte des conditions de vie du prisonnier. Nous avons essayé de voir le maximum de choses mais 1h ne suffit pas si l’on veut prendre le temps de tout regarder.

 

C’est une visite également marquante, qui permet de voir de ses propres yeux comment étaient traités les prisonniers ici il y a quelques décennies, mais nous l’avons trouvée inférieure aux Killing Fields. L’entrée est deux fois plus chère et l’on y retrouve beaucoup d’éléments, tous à lire, qui sont racontés durant la visite audio aux Killing Fields. De plus, nous trouvons que le « format » du musée, à savoir une succession de centaines de salles presque identiques, devient vite lassant et incite à finalement sauter des étapes (mais bon, c’était pas vraiment possible de faire autrement !). Bref, une visite à faire pour ceux qui ont le temps, mais s’il faut choisir entre les Killing Fields et Tuol Sleng, prenez le premier sans hésiter.

 

Tuol Sleng

 

Les différents marchés

 

Il existe différents marchés dans la capitale. Comme toujours, les plus grands sont aussi les plus touristiques et, forcément, ceux où faire de bonnes affaires est le plus difficile. Parmi ceux-ci, les plus connus sont Central Market et le marché russe. Nous avons fait le premier, situé sous un énorme dôme non loin du centre-ville et même très proche du quartier chaud de la rue Pasteur (qui, soit dit en passant, fait pas mal penser à Nana Soi de Bangkok avec son tourisme sexuel). C’est un marché immense où l’on peut trouver absolument de tout et où touristes et locaux se mêlent dans de joyeux attroupements. Nous nous y sommes complètement perdus (pourtant d’habitude on se débrouille en sens de l’orientation !) alors que nous tentions de retrouver le stand d’une commerçante. Nous y avons acheté quelques bricoles, dont un magnifique sac à dos The North Face à 5$ (comment ça, c’est un fake ?!) durement négocié auprès d’au moins 10 vendeurs différents !

 

Central market

 

Il y a également un marché de nuit à 5 minutes de la 172 Street. Cependant, attention à ne pas s’engouffrer dans le premier marché nocturne sur la route car il s’agit d’un marché de légumes local des plus bordéliques 😛 ! Enfin, nous ne pouvons que vous conseiller d’aller y jeter un œil car c’est vraiment du grand n’importe quoi, mais ne comptez pas trouver un super iPhone 8 pour 100$ ici 😉

 

Notre séjour dans la capitale s’arrêtera donc ici. Juste une dernière chose… on voulait partir le soir avant le premier jour du nouvel an (héhé ouais, ils ont tout compris pour faire la fête ici : nouvel an dure 3 jours !) mais souvenez-vous, je vous disais en début d’article que tout le monde déserte Phnom Penh en direction de Siem Reap. Bien que ces gens partent souvent par leurs propres moyens, les bus sont également pris d’assaut… Vous l’aurez donc compris, malgré les 4 agences visitées, aucune ne sera en mesure de nous vendre des billets pour le soir désiré. Une seule me proposera deux sièges pour un bus qui partait le matin suivant. Je n’ai pas hésité longtemps. Finalement, aucun regret, car nous vivrons encore une fois un trajet mémorable.

 

A bientôt !