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Temples d’Angkor – sur les traces de Madame Jolie et des deux bébés tigres

Temples d’Angkor – sur les traces de Madame Jolie et des deux bébés tigres

Magnificence de tout un pays, le site d’Angkor est aujourd’hui LE symbole de la nation cambodgienne au point de figurer comme emblème sur son drapeau national. Il est sans surprise le lieu le plus visité de tout le Cambodge et fut notamment « victime » d’un énorme boom touristique ces dernières années. Les chiffres sont d’ailleurs assez ahurissants : on parle de 200’000 visiteurs en 2001, devenus 2 millions en 2012 alors que la barre des 3 millions a été franchie dès 2014… Une évolution exponentielle donc, mais celle-ci, bien que bénéfique économiquement pour le pays, possède également son lot de désavantages… dont le plus important est certainement la dégradation des lieux du fait des dizaines de milliers de pieds qui écrasent chaque jour les pierres des temples.

 

Cela dit, visiter Angkor est un must do et il serait extrêmement dommage de passer à côté !

 

Allez, on entre ?
Allez, on entre ?

 

Bref, passons aux choses « sérieuses »… Peu s’en souviennent mais la pulpeuse Lara Croft a fait fantasmer toute la gent masculine en tournant quelques scènes ici même il y a une quinzaine d’années. Le film Tomb Raider a d’ailleurs contribué à l’essor touristique de cet ensemble de temples, mais Angelina Jolie n’est pas la seule à avoir eu le privilège de se pavaner ici sous le feu des caméras. Koumal et Sangha, les deux bébés tigres du magnifique film « Deux Frères », ont également pu profiter de cet environnement pour se prélasser dans les ruines…

 

Tout comme nous, plus de 10 ans plus tard. En revanche, nous n’avons, au contraire des protagonistes ci-dessus, malheureusement pas obtenu l’exclusivité des lieux. Il a donc fallu faire avec les (très nombreux) touristes présents ! Encore une fois et tout comme pour la visite de Siem Reap, la période du nouvel an khmer n’a vraiment pas aidé à ce niveau… Les chiffres officiels parlent d’1 million de visiteurs pour cette seule édition 2015 qui s’est déroulée comme à son habitude sur 3 jours. Heureusement, il existe une technique infaillible pour éviter l’énorme majorité des touristes : se lever tôt.

 

Angkor Wat dans la pénombre du petit matin
Angkor Wat dans la pénombre du petit matin

 

Comment visiter les temples ?

 

Il existe différents moyens de se rendre à Angkor et d’y passer la journée.

 

• Le moyen le plus pratique reste le tuk tuk. Selon vos talents de négociateur, il vous sera possible  d’avoir un chauffeur pour la journée pour un prix variant de 10 à 15$. Le tuktuk possède plusieurs avantages, notamment une certaine liberté de mouvement et le privilège d’être assis à l’ombre pendant le trajet qui sépare deux temples.

 

• La voiture privée avec chauffeur peut également être une option mais elle coûte, d’après ce que j’ai pu voir, environ 30$ pour la journée. Beaucoup plus chère que le tuktuk, pas forcément plus pratique et surtout pas du tout folklorique !

 

• Les tours organisés, qui semblent être privilégiés (comme souvent, me direz-vous) par les innombrables groupes de chinois. La meilleure solution si vous aimez être noyés dans un flot de visiteurs !

 

• Et enfin le vélo, qui coûte bien moins cher (1 à 2$, environ 4$ pour un VTT) et qui permet d’être totalement libre, de sortir des routes principales mais aussi de l’utiliser en dehors de l’enceinte des temples, pour se balader en ville par exemple ! Bon, bien sûr ça implique de se bouger un peu et surtout d’être entièrement exposé au soleil

 

De même, différents pass sont mis à disposition pour convenir à chaque visiteur :

 

• Le pass 1 jour est destiné à ceux qui n’ont pas beaucoup de temps à consacrer aux temples, à ceux qui ne veulent voir que quelque uns de ces monuments ou à ceux qui ne veulent pas dépenser une trop grande somme pour des édifices religieux. Avec ses 20$, c’est effectivement le ticket le moins cher, bien qu’il ne suffise clairement pas à notre avis.

 

• Le pass 3 jours est vendu à 40$ et permet de se rendre sur les lieux d’Angkor durant 3 jours non forcément consécutifs sur une durée d’une semaine. C’est à notre avis la meilleure alternative pour les visiteurs lambda que nous sommes. Un pass 2 jours pourrait d’ailleurs également suffire s’il existait.

 

• Le pass 7 jours est quant à lui destiné à ceux qui portent un réel intérêt à ces temples et qui désirent les explorer bien plus profondément que ce que nous avons fait : analyses des méthodes de construction, admiration des statues, découverte de l’empire Khmer, etc. Les 7 jours peuvent être répartis sur une durée maximale d’un mois.

 

Pour notre part, notre hôtel (les Parigots) proposait un service de location de vélos et nous en avons directement profité pour louer deux bicyclettes pour plusieurs jours. L’achat des différents pass, quant à lui, se fait exclusivement à l’entrée du site d’Angkor et est souvent sujet à de longues files d’attente durant la journée. Pour parer cela, il est possible de se rendre à la billetterie la veille de votre première visite à partir de 17h et ainsi obtenir son pass pour le lendemain. C’est ce que nous avons fait, et, en ce dernier soir de nouvel an, nous en avons profité pour nous rendre une première fois sur le site où les cambodgiens se rassemblaient en masse pour cet « Angkor Sankranta 2015 ».

 

Angkor Sankranta

 

Et quand je dis en masse, c’est à prendre au pied de la lettre ! Des pick-up chargés à ras-bord ou même des minibus pleins à craquer, nous avions l’impression que toutes les familles nombreuses du Cambodge s’étaient données rendez-vous dans ce lieu sacré. Et là, je peux vous dire que nous étions soulagés de ne pas avoir opté pour le tuktuk ! Ceux-ci, presque aussi larges qu’une voiture, étaient complètement bloqués dans le trafic alors que nous, avec nos petites bicyclettes, nous pouvions nous faufiler dans les espaces encore mieux que les scooters (eux aussi souvent chargés de 3,4 ou 5 personnes bien sûr) !

 

Monde Angkor
On n’était pas tout seuls…

Juste pour la petite anecdote, notons que cette année, lors du nouvel an à Angkor, deux records du monde ont été battu et feront leur entrée dans le Guiness Book. Il s’agit d’une part du plus grand gâteau à base de riz gluant, un « Nom Ansorm » qui pesait la modique somme de 4 tonne et d’autre part d’un rassemblement de 2’015 personnes pour danser… un Madison. Et oui, malgré de nombreux jeux et danses traditionnelles, il faut croire qu’au Cambodge aussi on aime déambuler sur ce genre de musique !

 

Mais de notre côté, puisque nous ne connaissions encore strictement rien de la structure du site et que nous devions encore rentrer en vélo de nuit, nous ne nous sommes pas aventurés trop loin pour cette première fois. Mais tout de même suffisamment pour s’immerger dans la fête et découvrir que c’est ici, loin du centre, de Pub Street et ses touristes occidentaux, que les locaux se réunissent en famille dans une ambiance des plus joyeuses ! Des danses traditionnelles de groupe, de grandes scènes où se succédaient les artistes, des roulottes de nourriture ou stands de décorations & habits… le tout dans une foule de sourires accompagnés d’une ambiance des plus chaleureuses. Un grand moment !

 

NouvelAnAngkor

 

Warning : 

 

Maintenant, expliquons rapidement notre bêtise concernant nos jours de visite… Puisque nous avions acheté nos pass de 3 jours le jeudi 16 avril au soir, nous pensions que nous devions obligatoirement visiter les temples une première fois durant la journée de vendredi 17. En fait, cette condition n’est valable que pour le pass 1 jour. Pour le nôtre, la seule contrainte était de choisir 3 jours entre le 17 et le 23 avril. Si je vous dis ça, c’est parce que Clémentine est tombée malade le 17 et elle n’était vraiment pas en état de passer une journée sur le vélo sous un soleil de plomb. En croyant que nous perdrions automatiquement une journée sur les 3 dont nous disposions, je me suis donc rendu seul sur le site durant l’après-midi histoire de ne pas « payer une journée pour rien ». Mais voilà, ce n’est qu’après avoir vu le « surveillant » poinçonner le chiffre 17 sur mon pass que j’ai compris que ce sera finalement Clémentine qui perdra un jour de visite

 

Géographie du site

 

Le site d’Angkor se trouve donc au Nord de Siem Reap, à une trentaine de minutes en vélo (8km environ). On y accède par une seule et unique route, Charles de Gaulle (oui oui…), qui relie d’une traite le centre-ville aux temples. Il existe principalement deux itinéraires pour visiter les lieux, appelés communément le « petit tour » et le « grand tour » et d’une longueur respective de 15 et 26km. Certains temples, dont le plus important Angkor Wat et la cité d’Angkor Thom, sont sur l’itinéraire des deux tracés et peuvent donc se visiter quel que soit la route choisie.

 

image : https://www.treetopasia.com/
image : https://www.treetopasia.com/

 

Puisque c’est tout plat (il me semble qu’il n’y a qu’une seule montée, d’une longueur maximale de 100m et d’une inclinaison proche des 1%), on pourrait être tenté de penser que ça se fait assez facilement même à vélo mais détrompez-vous : la chaleur accablante et l’effort fourni pour visiter certains temples rendent la tâche bien plus ardue qu’elle n’y parait !

 

En me renseignant un peu sur Internet, j’ai pu lire qu’il était préférable de commencer sa visite tôt le matin pour avoir une longueur d’avance sur la masse de gens que déversent les nombreux cars touristiques aux alentours de 9h. Pourtant, je ne suis arrivé que vers 14h30 le premier jour (bah ouais, avant ça on attendait de voir si l’état de Clémentine s’améliorerait pour qu’elle puisse m’accompagner !) et je peux vous dire une chose : c’est trop tard. D’une parce qu’en arrivant si tard, et en sachant que le site clôture ses portes à 18h, on n’a pas suffisamment de temps pour voir plusieurs temples et donc rentabiliser sa journée. Mais c’est surtout la masse de gens qui est effroyable à cette heure-ci ! Sans me retrouver dans des bouchons aussi horribles que la veille lors du nouvel an, il m’était quand même impossible de rouler à mon rythme, même en vélo, dès que j’approchais d’Angkor Wat. Finalement je n’aurai pas fait grand-chose ce jour-là, ne voulant pas trop visiter les sites importants sans Clémentine. Je me suis donc contenté de quelque petits temples mineurs, qui ont l’avantage d’être très peu visités au point que je me retrouve souvent seul dans ceux-ci.

 

Nombreux sont les petits temples déserts tels que celui-ci
Nombreux sont les petits temples déserts tels que celui-ci

 

Sans m’en rendre compte, j’ai plus ou moins suivi le tracé du « petit tour » (celui en rouge sur le plan) et tout s’est très bien passé… jusqu’à ce que je décide de faire entièrement confiance à mon application Google Maps. Honnêtement, celle-ci est géniale… Jamais elle ne nous aura fait défaut au Viêt Nam mais là, à Angkor, j’ai appris à mes dépends qu’elle avait aussi ses limites (ce qui s’est d’ailleurs vérifié plusieurs fois durant la suite de notre voyage).

 

GMaps

 

Dans les faits, le soleil commençait à descendre et je me suis dit que je pourrai faire de jolis clichés avec Angkor Wat en arrière-plan (donc me rendre sur la rive est de celui-ci !) si je me dépêchais un tout petit peu… Arrivé à un point, ma génialissime application m’indique un raccourci qui permet d’éviter de faire un grand détour par la route principale. Ni une, ni deux, je m’enfonce dans ce petit chemin de terre… qui se transforme rapidement en étroit chemin d’herbe aplatie avant de… n’être plus qu’un vaste champs entouré d’épais buissons et cours d’eau. Bon, ne paniquons pas : si mon application me dit qu’il y a une route, c’est qu’il y en a une. Haha la vaste blague ! Rien… Rien ! RIEN !!! J’ai tournoyé dans cet immense champs, avec ma bicyclette franchement pas TT (comme « terrible » ou « tout-terrain »), dans un impitoyable contre la montre m’opposant au soleil couchant. Et pour couronner le tout, j’ai déraillé. Deux fois. Et là je peux vous dire que j’ai paniqué. Si je me retrouvais dans cet infini verdoyant après le coucher du soleil, c’en était fini de moi !

 

J'étais en train de filmer au moment de dérailler...
J’étais en train de filmer au moment de dérailler…

 

Enfin bref, inutile de maintenir cet incroyable suspens : j’en suis sorti vivant ! Alors que je traversais un énième petit passage à travers un buisson, j’ai enfin aperçu une route au loin. Quel soulagement ! Après un dernier champs à traverser et une mini-crevasse à franchir, me revoilà sur le bitume et, par chance, le soleil était encore visible dans le ciel. Mon contre la montre pouvait ainsi reprendre de plus belle. Pédalant comme un fou sur ce vélo à une unique vitesse dans l’espoir d’atteindre la rive à temps, je n’ai même pas vu ce rikiki trou sur la route. Et là, ce fut le drame. Un troisième déraillement, à moins de 2km de mon objectif. Sauf que cette fois-ci, cette malheureuse chaîne n’a pas voulu mettre moins de deux minutes pour se remettre en place. Aurais-je dû laisser mon vélo au bord de la route et courir vers l’orée de la forêt pour arriver à temps ? Non, je ne pouvais décidément pas abandonner mon seul compagnon du jour comme ceci, si proche du but, après toutes les aventures que nous avions traversées… Mon honneur causera ma perte et je n’aurai finalement pas réussi à capturer ce maudit cercle jaune-orange dans mon boîtier (mais de toute façon, j’ai l’impression qu’on ne peut pas voir le temple Angkor Wat depuis la rive Est – à confirmer – donc je ne sais pas si c’est possible de le photographier avec le soleil couchant en arrière-plan !).

 

Voilà tout ce que j'ai obtenu...
Voilà tout ce que j’ai obtenu…

 

Et pour le lever, on se met où ?!

 

Vous comprendrez aisément pourquoi j’ai changé de vélo pour notre prochain jour de visite. Fidèle compagnon ou pas, j’en avais trop perdu à cause de lui (et Clémentine ne pouvait pas supporter que j’aie vécu tant d’aventures avec « quelqu’un » d’autre…). De plus, j’avais une revanche à prendre sur le roi Soleil, à la différence que cette fois j’allais l’attaquer sur un terrain qui m’était bien plus favorable (ou pas…) : l’heure du lever ! Car oui, qui dit lever de soleil dit bondir du lit de bonne heure. Avec la demi-heure nous séparant des temples et le soleil montrant le bout de son nez vers 6h, l’heure du départ fut fixée à 5h20.

 

Je ne sais pas si c’est le plus beau lever de soleil du monde comme on peut parfois l’entendre mais en tout cas, c’est très joli ! Nous nous sommes postés sur la rive gauche (à l’opposé de là où je voulais me mettre pour le coucher de la veille), au bord du bassin à l’extérieur des murailles du temple (croix rouge sur le schéma ci-dessous). Ce n’est pas le spot le plus prisé des touristes mais il permet tout de même d’avoir un aperçu du temple en arrière-plan et surtout d’admirer les reflets sur le grand bassin d’eau juste devant soi.

 

LeverSoleilAngkorWat

 

Pour notre dernier jour à Angkor, nous avions convenu que Clémentine, qui n’avait pas la force de se lever une nouvelle fois à 5h du matin (bouuuuh !!!), me rejoigne devant Angkor Wat à 6h30, après le lever du soleil. Cette fois, je me suis posé vers le spot le plus prisé pour la vue, à droite directement après avoir franchi les portes du temple (croix verte sur le schéma). Les groupes de chinois étaient déjà présents par dizaines lors de mon arrivée à 5h50 et j’ai eu de la chance de trouver encore un bon spot ! Le point de vue est magnifique, on voit la silhouette du temple en grand et le soleil se lever directement au-dessus – sublime !

 

LeverSoleilAngkor

 

Les temples de la grande boucle

 

Comme je vous le disais plus haut, nous avons pratiquement perdu un jour de visite sur les trois que permettait notre pass. Il nous restait donc deux jours (voyez quel fin mathématicien je suis !) et franchement, je pense que c’est suffisant. Sitôt Clémentine remise sur pieds, nous avons décidé de consacrer notre premier jour de visite au grand tour. Notre stratégie était de sauter volontairement Angkor Wat, le premier, le plus connu et le plus grand des temples, car c’est là que se pressent l’énorme majorité des touristes déjà présents à 6h30. Stratégie payante qui nous permettra de rentrer dans la cité d’Angkor Thom, au Nord, sans trop de monde à nos côtés. Dans cette cité se trouve notamment le temple du Bayon, le deuxième plus grand, dans lequel on peut marcher à peu près n’importe où sans restrictions. Avec ses multiples visages de buddha sculptées dans ses roches, c’est un temple impressionnant qui en fait sans aucun doute un must see au moins aussi intéressant à visiter qu’Angkor Wat (au risque de me faire taper sur les doigts par certains qui contesteraient cette affirmation :P). Nous prolongeons notre exploration par la visite des différentes « terrasses », au Nord-ouest du Bayon, et les différents temples qui se trouvent au-delà. Parmi ceux-ci, nous avons vraiment apprécié la montée du Baphuon ainsi que la visite de Preah Palilay, ce minuscule « temple » où l’on voit surtout la végétation prendre le dessus sur les anciennes constructions de pierre. En revanche, nous n’avons pas trop apprécié Phimeanakas qui, en plus d’être difficile à écrire, n’a rien de spécial à nos yeux (enfin il doit sûrement être très beau à voir durant la saison des pluies, lorsqu’il est bordé d’un bassin d’eau asséché durant la saison sèche).

 

De gauche à droite : Phimeanakas, Preah Palilay et le Bayon
De gauche à droite : Phimeanakas, Preah Palilay et le Bayon

 

Plus au Nord, après la sortie de la cité Angkor Thom, Preah Khan est un grand temple mais son exploration est assez répétitive : en gros, c’est tout droit et ce sont toujours des « salles » identiques qui se suivent d’un bout à l’autre du temple. Du coup, on en fait vite le tour. Neak Pean est atteignable au bout d’une longue passerelle qui traverse généralement une énorme étendue d’eau qui est, là encore, asséchée durant la saison sèche. Le temple en soi n’a rien d’impressionnant (du moins en dehors de la saison des pluies) mais les paysages que l’on traverse pour s’y rendre sont assez uniques. A côté de ceux-là, il y a d’autres temples, plus petits, qui valent certainement la peine d’être vus si vous en avez la force ; car mine de rien, visiter ces temples à la chaîne, ça épuise !

 

Autour de Neak Pean ; perso j'aurais peur de rencontrer un croco...
Autour de Neak Pean ; perso j’aurais peur de rencontrer un croco…

 

Le petit tour

 

Notre troisième et dernier jour à Angkor débuta par un nouveau lever de soleil. Clémentine, en vue de décrocher l’oscar de la plus flemmarde des marmottes, décida de me rejoindre un peu plus tard. Malheureusement, elle fut à nouveau clouée au lit ce jour-là, ratant ainsi un autre jour de visite. Elle maudit encore aujourd’hui son système immunitaire car, contrairement au premier jour où elle n’est pas passée à côté de grand chose, nous avions cette fois prévu de voir plusieurs temples importants, dont LE temple principal du site.

 

C’est donc à nouveau en solitaire que je me suis attaqué à ces temples.

 

A nous deux Angkor Wat !
A nous deux Angkor Wat !

 

Angkor Wat, ma première destination du jour, n’est pas un temple comme les autres. Symbole de la nation, ce n’est autre que le plus grand édifice religieux au monde et sans surprises l’attraction touristique principale du pays. Initialement construit pour l’empire Khmer au XIIème siècle, dont il deviendra la capitale (car oui, c’était une cité !), c’est le seul temple du site à avoir encore aujourd’hui une haute signification religieuse. En raison de tous ces facteurs, c’est aussi le temple le plus difficile à visiter car constamment bondé de monde.

 

Idéalement, ce serait un temple à visiter avant ou pendant l’heure du lever de soleil car c’est probablement le seul moment où l’on peut éviter l’afflux massifs de touristes. Lorsque j’y suis rentré à 6h30, après le lever, je n’étais déjà de loin pluss le seul dans l’enceinte et ai même dû faire la queue pendant dix minutes pour accéder au sommet (oui je sais, pauvre moi :(!)… En soit et au risque de m’attirer les foudres de guerre de certains, je dirais que ce n’est pas le temple le plus passionnant à visiter. Alors certes il y a de magnifiques bas-reliefs, l’architecture et la taille sont plus qu’impressionnantes et la vue depuis le sommet est assez sympathique, mais j’ai pris plus de plaisir à gravir ou me pavaner dans d’autres temples du site. Cela dit, pour un connaisseur ou un passionné, je comprends tout-à-fait ce qu’il représente !

 

C'est quand même pas mal...
C’est quand même pas mal…

 

Angkor Wat laissé derrière moi alors que de plus en plus de cars touristiques déversaient leurs passagers devant son entrée, j’étais bien content de filer à pleine vitesse vers le Nord, avec un autre temple des plus importants dans mon viseur : Tha Prohm. Mais avant cela, je suis passé un peu par hasard par le côté Est du Bayon et j’ai eu le bonheur de tomber sur des éléphants ! Enfin, « bonheur » reste quand même un bien grand mot, car ces pauvres bêtes sont ici utilisées comme des attractions touristiques et ne servent qu’à ça… Attendre, promener un groupe de touristes qui veut bien payer la somme requise, puis attendre à nouveau ; voilà le quotidien bien pénible de ces animaux.

 

Ils sont trop choux !
Ils sont trop choux !

 

Mais revenons-en à Tha Prohm ! Bien moins grand qu’Angkor Wat ou d’autres temples de la cité d’Angkor Thom, et encore moins impressionnant de par son architecture, ce temple n’en reste pas moins un incontournable pour une raison bien particulière : la place prise par la végétation. Puisque les cambodgiens ont volontairement laissé cette dernière pousser comme  bon lui semblait, elle ne s’est pas gênée pour prendre possession des lieux dans leur intégralité et le résultat est assez époustouflant. Les arbres poussent au-dessus des pierres, leurs racines courent le long des murs et les branches se fraient un chemin dans la moindre brèche… Le tout donne un résultat des plus magiques tout en restant assez effrayant.

 

Petit aperçu des malheurs ou merveilles causés par la végétation
Petit aperçu des malheurs ou merveilles causés par la végétation

 

Au final, Tha Prohm ne fut autre que mon temple préféré ! Seule condition, ne pas le visiter en fin de journée (le matin, de préférence) et ce pour deux raisons : tout d’abord pour éviter la horde de gens qui s’y pressent plus tard, et ensuite car la lumière qui y entre avec le soleil matinal ajoute encore au féerique du lieu

 

Juste après Tha Prohm, je suis revenu un peu en arrière pour visiter un autre temple qui m’avait interpellé sur le chemin. Ta Keo de son nom, c’est un temple qui demande d’escalader ses marches raides et glissantes. Il y a plusieurs temples à Angkor qui ont cette caractéristique de ne pas avoir de barrières de sécurité ou qui n’a pas un plancher aménagé pour les visiteurs, et à chaque fois ces temples ont un énorme avantage : peu de monde s’y risque. Sur Ta Keo, j’étais même seul au monde !

 

Ta Keo en rénovation
Ta Keo en rénovation

 

La suite du « petit tour » rejoint le tracé de son homologue le grand tour, avec à nouveau une série de temples intéressants mais pleins de monde lors de mon passage… Concernant la fin de ma visite des temples, j’aurai surtout été marqué par ma rencontre avec Rath, un cambodgien de 23 ans qui travaille à la fois dans l’enceinte des temples où il tient un stand de nourriture et boissons avec ses amis, et au guichet de vente des pass pour Angkor. Travaillant 7 jours sur 7 en cumulant ces deux jobs, son rêve est de visiter New York un jour, où sa soeur aînée s’est expatriée il y a plusieurs années. Déjà père de 3 enfants (et avec sa femme de 19 ans !), il méritera sans doute que j’écrive une note sur lui dans notre rubrique « compagnons de voyage ! ».

 

Rath, au centre, et ses amis du stand
Rath, au centre, et ses amis du stand

 

Cela dit, Rath ne sera pas ma seule rencontre du jour ! Un peu plus tard, alors que je m’amusais à prendre en photo une libellule rouge (je sais je suis bizarre…), deux petites filles équipées de paniers se dirigent vers moi et cherchent à me vendre quelque chose. Après avoir parlé avec elles quelques instants (notons qu’elles parlaient parfaitement anglais, en tout cas bien mieux que moi !), j’ai été touché par leur histoire – véridique ou pas – quand elles m’ont raconté être obligées de harceler les touristes pour aider leur famille à survenir à leurs besoins. Je leur ai finalement donné un peu d’argent, et j’ai même eu le droit de prendre une photo souvenir avec elles 🙂

 

enfant

 

Et c’est sur cette nouvelle rencontre que s’est achevé notre séjour à Angkor. S’en suivra un départ chaotique pour la Thaïlande, avec premièrement une Clémentine remise sur pieds et surtout tout plein de chouettes souvenirs de cet endroit magique. Les temples, et tout ce qu’ils dégagent, nous aurons marqué à vie et notre séjour ici fut clairement l’un des points forts de ce début de voyage… Même si Clémentine aurait bien aimé en voir un peu plus !